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Les livres récents publiés par des membres du GEM

Dans chaque "Lettre du GEM", vous trouverez une rubrique présentant des livres publiés récemment par des membres du GEM.

 

En voici quelques exemples :

 

Rencontres meurtrières : Dr Jacqueline Zinetti, Éditions Anfortas, 220 pages, 20 €

C’est un faux polar, même s’il débute comme un Agatha Christie. Très rapidement on est plongé dans le vrai sujet : les frustrations dans l’enfance, les souffrances, le viol, le manque d’affection comme la surprotection, ne seraient-ils pas la cause profonde d’une conduite criminelle, d’assassinats ? À l’appui de cette thèse, l’auteur a été non seulement psychiatre, chef de service dans un hôpital, mais aussi chargée du suivi psychiatrique des détenus dans une grande prison parisienne. Ainsi sont rapportés les vécus de divers assassins, et celui de Florence la psychiatre qui prend nos héros en charge. Nul doute que les aventures rapportées ici correspondent à des faits authentiques dont l’auteur a eu connaissance au cours de sa carrière. Peut-être même dévoile-t-elle sous le nom de Florence une part de son passé personnel. Le lecteur peut avoir un jugement différent quant aux conclusions de cet essai, mais il n’en reste pas moins que ce livre, magnifiquement écrit, agréable à lire, est passionnant, ne serait-ce que pour les subtiles nuances dans la description des états d’âme des protagonistes. (Dr Abraham de Voogd)

 

La ville admise : Dr Michèle Terdiman-Pire, Éditions Bibliocratie, 340 pages, 18 €

Voici un roman de science-fiction-anticipation un peu à la manière d’Aldous Huxley, mais d’une plus grande complexité. Pour cette raison la lecture demande de la persévérance au début, et une certaine adaptation à la vie supposée des habitants d’une ville « idéale », isolée du reste du monde. Là, l’ordinateur, la puce intelligente, évitent tout effort inutile et « lissent » la vie des citoyens tous égaux… sous le contrôle permanent d’instances supérieures qui octroient récompenses ou châtiments selon des règles dictatoriales. Une héroïne en démonte les rouages. Il s’agit surtout d’un essai déguisé sur les dangers qui guettent aussi bien l’amitié, les libertés, la poésie, que l’éthique médicale. Une tentative intéressante marquée par de nombreuses inventions, de codes. (Dr Abraham de Voogd)

 

De nez à nez : Dr Vincent Bouton, Éditions L’Harmattan, 142 pages, 14,50 €

Il est bon, sinon essentiel, de mettre son nez dans ce petit ouvrage qui aurait demandé à d’autres deux fois plus de pages. Tout y est exprimé avec une clarté absolue, en restant toujours dans l’essentiel de ce qui concerne l’humanisme, l’éthique, la prudence, dans l’art de soigner. Après un bref historique des balbutiements du traitement des affections du nez depuis la préhistoire, suit un exposé de son anatomie, de ses fonctions, dont l’olfaction, puis des principes généraux des soins à donner, des règles d’hygiène. Pour illustrer son propos, l’auteur présente avec humour quelques cas cliniques. Il montre par là sa modestie face à une médecine et une chirurgie de plus en plus performantes, et la nécessité de prendre sans cesse en compte le retentissement souvent imprévisible de l’état pathologique ou esthétique du nez sur le psychisme du patient. Suivent deux observations passionnantes sous la plume de notre confrère Xavier Riaud : Louis XIV et Freud. (Dr Abraham de Voogd)

 

Je m’appelle Aspasie : Dr Franck Senninger, Éditions Anfortas, 700 pages, 25 €

Voici un très gros roman où l’auteur nous entraîne en Grèce antique à l’époque de Périclès dont elle est la compagne, de Socrate, de Phidias. Aspasie est le nom de la seule femme qui ait laissé une trace de cette époque où les filles n’avaient pas la parole. Elle est l’héroïne et la narratrice de son vécu évidemment en partie imaginé par notre érudit qui livre par ce biais une peinture réaliste de ce que pouvait être la société vers 450 avant JC. Il s’agit essentiellement d’une description du début agité de la démocratie. On découvre ainsi un pays où règne encore la violence héritée des siècles passés : guerres et surtout des luttes de pouvoir entre familles qui se terminent par de nombreux morts. Nous y retrouvons le banal esclavage, avec ses nuances, l’intolérance religieuse avec le rôle des prêtres et l’utilisation des dieux olympiens à des fins cruelles, les offrandes sur les autels des temples. Au passage, la vie familiale, les mœurs, sont décrits avec beaucoup de précision. Cela n’empêche pas de rencontrer certains passages poétiques ni d’entrevoir les convictions profondes de l’auteur, son attachement à la Liberté, et en particulier son admiration pour la Femme. Magnifique d’inspiration et d’érudition. (Dr Abraham de Voogd)

 

Du clystère au stéthoscope : Dr Gérard Bonn, Éditions Glyphe, 495 pages, 26 €

Magistralement dédicacé à tous les médecins des temps passés, présents et à venir, l’auteur livre une encyclopédie : Histoire de la médecine et de la chirurgie.
Tout est là : La formation, la pratique, les utopies, les techniques, les évolutions permanentes…
Tout est là : Les relations de la médecine et de l’église, la dichotomie entre public et privé…
Tout est là, éclairé par des citations de nos grands écrivains et philosophes qui ont fait la culture Française.
Tout est là pour expliquer la mouvance permanente de l’Art médical.
En seconde partie l’auteur ressuscite les plus célèbres acteurs ; médecins des champs de bataille tout comme ceux penchés aux chevets de nos grands hommes. Alors le nom des rues de nos capitales retrouve une histoire, un visage. À lire et à relire, d’un trait ou par séquences, mais à garder toujours à portée de main, d’esprit et d’âme, par les médecins d’aujourd’hui et de demain. (Dr Robert Laurent)

 

Ornella : Dr Jean José Boutaric, Éditions Anfortas, 228 pages, 20 €

Ce roman est en fait un prétexte pour évoquer la montée des périls annonciateurs de la dernière guerre, puis l’invasion allemande avec l’Évacuation dont on trouve ici une excellente description, très vivante, réaliste. Tout au long de ce roman le contexte social, politique, comme les croyances, les rumeurs sont très soigneusement rapportés et mises en évidence. Ici on mesure combien la société française a évolué depuis lors tout en restant très fidèle au caractère gaulois. Ce n’est pas l’exactitude des faits qui est intéressante, mais la fidélité à l’esprit d’une époque difficilement imaginable pour les jeunes d’aujourd’hui. Ces remarques n’enlèvent rien à l’intérêt du roman proprement dit : comment une orpheline italienne née clandestinement en France après l’assassinat de son père par la police de Mussolini et confiée à l’Assistance Publique, élevée près de Montauban, Ornella deviendra, après la Libération, la fille adoptive d’un percepteur de la région parisienne. (Dr Abraham de Voogd)

 

La nuit des défaites : Dr Jean Pellet, Éditions Bayard, 202 pages, 17 €

Il s’agit d’un roman-essai, d’une réflexion sur les suicides de plusieurs confrères amis de l’auteur. Son indignation, son questionnement, donnent à l’ouvrage une tonalité polémique. Pourquoi ? À qui la faute ? Ainsi, pour trouver une explication, traduire le vécu des « partis sans explication » notre cardiologue-urgentiste tente d’imaginer les dernières pensées de ses amis entre le moment où la perfusion létale est prête et celui où l’acte s’accomplit. Le style court, haletant, sert à merveille l’évocation de leur flot tumultueux au cours de ces dernières heures de vie. Ces phrases rapportent de très nombreuses facettes d’un vécu où l’auteur a peut-être dévoilé son propre passé. Un livre passionnant, remarquable, même si certains lecteurs ne partageront pas toutes les convictions de l’auteur. (Dr Abraham de Voogd)

 

Le cri des remords : Dr Yves-Robert Omejkane, Éditions du Banc d’Aguin, 164 pages, 22 €.

Ce roman est très original. Le personnage principal y est décrit alternativement à la première ou à la troisième personne. C’est l’aventure d’un expert en objets d’art, ce qui fournit à l’auteur de donner la preuve d’un grand savoir dans ce domaine mais aussi en littérature et en musique. La vie de cet homme est troublée par des acouphènes et aussi par sa jeune maîtresse qui, parfois, semble lui glisser entre les doigts malgré un désir partagé. Malgré un démarrage un peu lent, le lecteur est vite pris par le déroulement de l’action qui se situe dans un Paris omniprésent. (Dr Abraham de Voogd)

 

Lorsque l’enfant disparaît : Pr François Vachon, Éditions Glyphe, 148 pages 12 €.

Cet ouvrage est hybride, mi roman, mi essai, de lecture facile. Les sujet en est le travail de deuil après la perte d’un enfant et la place que peuvent y tenir les groupes de parole. Côté roman, on suit la vie de Camille, seule, exploitée par une mère abusive et qui a perdu sa Chloé. Cela permet à notre confrère spécialiste des maladies infectieuses de digresser sur la dangerosité de la rougeole, du Sida, et du travail effectué par Albert Schweizer à Lambaréné, etc. (Dr Abraham de Voogd)

 

De la colline extrême : Dr Maria Labeille, Éditions du Club des Poètes, 94 pages 12 illustrations, 9 €.

À notre époque où tout va trop vite, trop bruyamment, sans un regard pour les voisins, qu’il est doux de se plonger dans le nouveau recueil de Maria Labeille. Il est plein d’espérances, de douceurs, d’amour du prochain. C’est un petit morceau de Paradis sur terre. Si « nous vivons en prenant congé sans cesse » dit-elle en citant Reiner Maria Rilke. Il nous faut souhaiter qu’elle ne prenne pas congé avec ce nouveau recueil mais qu’elle rêve déjà au suivant. (Jacqueline de Voogd-Raynaut)

 

Cuba, ombres et lumières : Dr Jean Marie Beuzelin, Éditions Anfortas, 164 pages, 14,50 €.

Par son style dépouillé, rapide et clair, notre confrère aborde brillamment ce panorama de la vie à Cuba après un survol de son histoire depuis la Révolution. Si on songe qu’il était nécessaire d’intégrer des références historiques ou culturelles, des chiffres, sans lasser ou rebuter le lecteur, celui-ci ne peut être qu’admiratif. Il est donc facile et agréable d’en savoir plus sur la vie de tous les jours dans ce pays aux contrastes saisissants. On se passionne ! (Dr Abraham de Voogd)

 

La nuit du jazz : Pr Paul Zeitoun, Éditions Anfortas, 186 pages, 14 €

On connaît la plume élégante de notre ami qui nous conduit ici à travers les méandres du non-dit, du mensonge, et la stratégie, d’une femme qui s’est livrée un soir à un presque inconnu. Enceinte de lui, elle ne sait comment en faire l’annonce aux siens et, en premier, à son mari. Cette grossesse qu’elle accepte à la fois avec joie et terreur, l’amènera au fil des événements à des découvertes surprenantes… et le lecteur avec elle. (Dr Abraham de Voogd)

 

Les femmes et les grands compositeurs : Dr Jacques Bouteille, Éditions Anfortas, 404 pages, 27,50 €.

Après un remarquable « Hector Berlioz, le romantique ». L’auteur nous livre cette fois un ouvrage majeur, considérable, fruit d’une passion pour la musique et l’histoire des musiciens. Ici défilent les grands compositeurs dont nous suivons le cheminement dans la vie de leur époque, leur parcours parmi des obstacles de la haute société. On est frappé par leur errance à la recherche d’un poste digne de leur talent dans une Europe agitée, ou encore par le jeune âge des épousées ou des maîtresses, et par l’effrayante mortalité infantile. En quelques lignes d’un style fluide sont décrits leurs amours, leurs souffrances, montrant l’influence qu’elles ont pu avoir sur leur inspiration. Car il s’agit avant tout d’une érudite et pourtant distrayante description de la vie sentimentale, souvent mouvementée, de ces grands artistes. Voilà un ouvrage considérable, à garder bien en vue dans sa bibliothèque. (Dr Abraham de Voogd)

 

La ville admise : Dr Michèle Terdiman-Pire, Éditions Bibliocratie, 340 pages, 18 €.

Notre consœur s’est livrée à un projet très audacieux par ce roman qui est à la fois un essai, un roman policier, un roman d’amour, et un roman d’anticipation afin d’alerter sur les dérives possibles de nos sociétés. Il faut retenir de cet ouvrage qui fait penser au Meilleur des Mondes, deux caractéristiques : un style élégant, très agréable et une imagination débordante. A-t-elle atteint son but ? À mon avis, c’est au lecteur d’en décider. (Dr Abraham de Voogd)

 

L’art abstrait (Réflexions sur) : Dr Aimé Bénichou, éditions Glyphe, 250 pages.

C’est un langage… Libre est celui qui l’exprime… L’auteur a eu l’habilité de construire cet ouvrage sur ce thème en donnant beaucoup de chair à de multiples personnages dialoguant entre eux avec passion et à travers les différentes époques de l’histoire picturale. L’artiste a une liberté absolue de plonger dans l’ordonnance des couleurs en s’abstenant de toute figuration. Mais la liberté sans risque n’existe pas. Merci pour le grand plaisir pris par le lecteur en souhaitant que l’auteur continue à créer des mondes et des rêves, puisque nous sommes passés de l’objectivité à la subjectivité, dixit Malraux. Bravo L’artiste ! (Dr Daniel Vrac)

 

Le jour où les chiffres ont disparu : Dr Olivier Dutaillis, éditions Albin Michel, 230 pages, 18 €.

Bien que l’auteur, psychiatre, écrive : « Souvent, nous, les psychiatres, sommes des infirmes de la création » !, il s’agit d’un bon roman avec de nombreux ingrédients qui plairont aux populations formatées par les médias. On y retrouve les idées largement diffusées sur la culpabilité, l’innocence, les méfaits des neuroleptiques, le manque de psychologie de la police et la puissance d’Internet, des téléphones portables. L’histoire est construite autour d’une jeune musicienne célibataire qui a un brusque accès de folie. Elle devient la préoccupation exclusive d’un psychiatre à problèmes. (Dr Abraham de Voogd)

 

Pas de fleur pour Dune Parker : Dr Claude Alain Planchon, Jacques Flament éditeur, 140 pages, 15 €.

Un roman-Ovni où sont décrits les malheurs imaginaires d’un héros imaginaire, succession de souffrances infligées par le Destin, qui débute par les remugles nauséabonds de la petite enfance sous l’Occupation d’un être circoncis. Nous le suivons sur le chemin erratique et hectique d’une vie pourrie semé d’extravagantes rencontres. Ses aventures se poursuivent jusqu’à l’attentat du 11/9 à New York et même post mortem. Comme tant d’autres, l’auteur trop jeune pour avoir vécu sous l’Occupation, se perd dans l’invraisemblance. De toute manière, l’exactitude n’est pas son souci qui est celui de nous régaler de nombreuses métaphores audacieuses : ’’... la bruine a emprisonné la nature-gangue de cristal mortuaire.’’ (p. 20) ’’Un parfum de mort sonde les murs avec pudeur..." (p. 59) ’’Ses yeux opaques me suivent, me sentent, remontent mon âme où on refroidit à volonté’’ (p. 110). (Dr Abraham de Voogd)

 

Médecine et humanisme, Le grand écart : Dr Jean Pellet, éditions Yves Michel, 236 pages, 14 €.

C’est bien d’humanisme en médecine qu’il s’agit, mais aussi dans la société actuelle car les deux sont liés. Né et instruit au cours des derniers soubresauts de l’art clinique, l’auteur jette un regard critique sur la déviation technicienne et administrative de notre profession, et sa plume alerte n’est pas tendre. Pour sa démonstration, il s’invente une généalogie de Diafoirus et d’Argan, de Molière à nos jours, tous médecins célèbres à divers titres. L’humour un peu corrosif ne manque pas dans ce roman-essai très original et passionnant dont il est difficile de donner un compte-rendu succint tant les sujets abordés sont nombreux et importants : repenser la relation médecin-patient, les études médicales, etc. (Dr Abraham de Voogd)

 

Une enfance sauvée : Dr Jean Arouette, éditions Le Manuscrit, 250 pages, 21 € ou sur tablette Internet.

Ici le tableau est tout autre, optimiste malgré les évènements épouvantables. Tout ce qui est rapporté ici sur les années d’Occupation est vraisemblable, paraît très exact, car la réalité dépasse la fiction. C’est une biographie familiale, certes, mais très exceptionnelle, passionnante, sans prétention littéraire bien qu’elle soit écrite dans un style parfait, limpide, vivant, direct, sans enjolivure inutile. Ce récit enchaîne les aventures, le sort de deux familles juives venues du Moyen Orient pour s’installer peu avant le guerre de 1914, les uns à Paris, les autres à Anvers. Le récit se poursuit jusqu’en 1945. Il relate les drames personnels, intimes ou familiaux, la menace de la Déportation, la terreur des camps. Ce livre montre aussi le caractère démentiel des mesures applicables aux Juifs, l’obsession de la Gestapo de créer des catégories, des sous-catégories. Ainsi l’auteur n’a dû sa survie qu’à la chance d’étre affublé d’une étiquette verte au lieu d’une blanche. Cet ouvrage, véritable document, devrait être largement distribué dans les lycées et collèges. (Dr Abraham de Voogd)

 

Éloge du pessimisme : Dr Jacques Castagliola, éditions L’Harmattan, 308 pages, 26 €.

Il s’agit d’un recueil de 5 000 pensées, aphorismes, 800 personnages. Une collection impressionnante où il est instructif mais aussi très agréable de picorer. L’ouvrage est divisé en 19 petits chapitres sur des thème très divers : la Pensée, bien sûr mais aussi la Patrie, la violence, l’harmonie, la Science, et l’Amour, etc. La position de l’auteur est qu’un optimiste va droit dans le mur qu’il n’a pas vu dans son élan enthousiaste alors que le pessimiste qui voit le danger partout, s’en tire mieux car il l’avait prévu. Un immense et utile travail. (Dr Abraham de Voogd)

 

En vrac : Dr Florence Marcastel, éditions Cofitec, 44 pages, 12,90 €

Un tout petit recueil de poèmes agréablement présenté. Une partie est dédiée à des lieux, à des villes, un autre à l’amitié et à l’amour. Il s’agit de poésie libre attachée aux sentiments profonds. (Dr Abraham de Voogd)

 

Le Kilimandjaro, Sans et avec handicap : Dr Valérie Foussier, PDV éditions, 209 pages, 14 €.

Un livre très attachant. Il se divise en trois parties : deux de notions de physiologie concernant le Mal des montagnes, la préparation à l’alpinisme, et l’insuffisance surrénale, la troisième relatant l’ascension du Kilimandjaro. Le médecin, l’alpiniste chevronné trouveront les deux premières parties un peu fastidieuses mais elles sont nécessaires pour montrer les difficultés de l’ascension pour ces malades. La mise en avant des efforts, du courage et de la persévérance, de la prudence aussi, rend la troisième partie si poignante. On ne peut qu’admirer ce témoignage qui fait entrer dans l’intimité du handicapé et partager sa lutte contre des entraves que nous ne soupçonnons pas toujours. (Dr Abraham de Voogd)

 

Cabaret sauvage, Nouvelles : Dr Isabelle Kauffmann, éditions « Le Passage » (Seuil), 142 pages, 14 €.

Une série de neuf nouvelles assez remarquables pour retenir l’attention d’un grand éditeur. Elles ont en commun le thème de la relation homme/animal et d’offrir au lecteur une ’’chute’’ souvent spectaculaire. Toutes sont écrites dans un style alerte, très agréable. Si leur qualité est inégale selon l’histoire, il en est trois stupéfiantes d’intérêt et de virtuosité. (Dr Abraham de Voogd)

 

Mémoires d’un enfant de Colbert : Dr Jean Louis, éditions L’Harmattan, 231 pages, 23 €.

Humanité, sincérité, modestie, respect, simplicité et dévouement émanent de ce livre qui est le récit d’une vie totalement vouée à la cause des autres en cette Afrique tropicale, au Viêt-Nam, puis au Maroc où sévissent onchocercose, lèpre, méningite, diphtérie, peste, choléra et j’en passe. Jean Louis nous emmène tout naturellement, dans une écriture spontanée, au sein même de « ses lieux de passage » et de ses difficultés à résoudre leurs énigmes. Sa capacité d’adaptation et sa passion de chercheur l’ont entraîné, accompagné de sa chère famille, à une vie professionnelle tout à fait étonnante eu égard à sa formation première de médecin de marine à l’hôpital maritime de Rochefort crée par Colbert. (Dr Robert Laurent)

 

La femme sans ombre : Dr Arnault Pfersdorff, éditions Le Verger Fertile, 256 pages, 10 €.

Un roman policier vivement mené d’une plume agréable. L’action est bipolaire : dans une clinique d’accouchement et un commissariat de police. Cela permet de vivre les événements avec l’optique d’une policière face aux médecins et infirmières, deux mondes à la déontologie différente. Il s’agit de résoudre le problème posé par la découverte d’un nourrisson en trop dans la maternité. Notre confrère pédiatre-réanimateur connaît bien ces milieux et les arcanes de la justice. Sur la fin est posée la question du portage par autrui, un peu trop sérieux après des pages divertissantes. (Dr Abraham de Voogd)

 

Le plaisir, clé de la longévité : Dr Bruno Vuillemin, éditions Bussière, 212 pages, 15 €.

C’est un livre destiné au grand public à l’orée de la cinquantaine. Un exposé intéressant, clair, très facile à appréhender de multiples considérations et de conseils pour un style de vie permettant de passer les années autrement que dans l’attente de la mort et l’ennui. L’auteur apporte beaucoup de références venues d’auteurs assez peu connus. Il faut lui être reconnaissant de ne pas être sectaire, ou le porte parole des écolo-bobo-gogo comme il les désigne. Il n’interdit ni le vin, ni le taoïsme, ni les antidépresseurs, mais promeut l’activité physique et un régime alimentaire adapté. (Dr Abraham de Voogd)

 

Un dernier jour en Arménie : Dr Robert Laurent, éditions L’Harmattan, 190 pages, 19 €.

Ce livre est le fort témoignage d’une modeste action humanitaire mais aussi, et surtout, un questionnement sur l’amitié, la fidélité, les différences, les motivations de chacun des trois protagonistes principaux : le médecin généraliste, son ami chirurgien et un représentant en matériel médical d’origine arménienne. Ils viennent au secours d’un village isolé, près du mont Ararat, frappé par un tremblement de terre particulièrement meurtrier. On suit leur découverte d’un monde attachant qui force leur admiration et de toutes les embûches dues à la pauvreté, la désorganisation d’un pays encore imprégné des méthodes soviétiques. Il s’agit avant tout d’une réflexion menée sous une forme romancée de lecture agréable. (Dr Abraham de Voogd)

 

André Breton médecin malgté lui : Dr Gilbert Guiraud, éditions L’Harmattan, 84 pages, 11,50 €.

Un petit livre très documenté qui retrace la vie du célèbre apôtre du surréalisme. Il ne s’agit tant de ce mouvement que des sources de sa pensée, des expériences vécues, en particulier au cours de la guerre 14-18. On y retrouve aussi, ce qui est fort intéressant, les grands écrivains, les penseurs de l’époque et les people comme nous le dirions aujourd’hui. (Dr Abraham de Voogd)

 

Jusqu’au dernier instant : Dr Marie Félicie Rousseau, éditions Humanis, 234 pages, 19,50 €.

C’est avant tout un livre de réflexion à partir d’une longue expériences de sa vie de médecin d’un équipe mobile de soins palliatifs. Il ne s’agit pas d’un essai ni d’un plaidoyer mais d’un témoignage. On ne trouvera pas ici de recette mais le reflet des questionnements très personnels de notre consœur devant la souffrance du patient qui va mourir et celle de sa famille. Son mérite est d’évoquer d’une plume agréable la variété des situations rencontrées : il n’y a pas de réponse univoque. On ne voit pas quelle loi pourrait remplacer l’aide bienveillante, sincère et cordiale de ceux qui, étrangers à la famille, donc impartiaux, tentent de réconforter le mourant en lui laissant toute sa dignité. (Dr Abraham de Voogd)

 

Bestiaire fantasque : Dr Jean claude Mouchès, éditions Gascogne, 82 pages, 15 €.

’’Fables et poèmes humoristiques’’. C’est surtout un bestiaire fantastique par la qualité des vers, de la poésie et surtout de l’humour. Ici, à la manière de La Fontaine notre très brillant confrère nous désigne métaphoriquement les travers de nos sociétés modernes en trente-quatre poèmes. L’ensemble est savoureux et on en redemanderait. La présentation est sublime, l’auteur ayant confié à son fils artiste graphique la retouche d’anciennes gravures du dix-huitième siècle pour illustrer chacune de ses fables. À mettre dans sa bibliothèque. (Dr Abraham de Voogd)

 

La ballade de la jeune fille triste : Dr Corinne Angeli, éditions Anfortas, 154 pages, 15 €.

C’est un recueil de nouvelles, genre trop peu édité. Celui-ci comprend entre autres une nouvelle primée et deux remarquées à divers concours littéraires. C’est dire leur niveau. On en appréciera le style et l’originalité de l’inspiration. Il s’y trouve diverses aventures sentimentales, avec les errements, les imprévus de l’amour dans des cadres méditerranéens où Marseille et les couchers de soleil tiennent une grande place. La distanciation et l’humour sont ici omniprésents. Un bijou et un vrai régal. (Dr Abraham de Voogd)

 

À portée de mots : Dr Jean-François Lopez, éditions L’Harmattan, 64 pages, 10 €.

Recueil de poèmes libres de belle inspiration, au rythme étonnant induit par la musique des locutions. (Dr Abraham de Voogd)

 

Le tango de midi : Dr Abraham de Voogd, éditions Anfortas, 238 pages, 18 €.

Quand une femme dans la cinquantaine, veuve et seule, décide de rendre visite aux malades hospitalisés, qui en est le bénéficiaire ? Est-ce le patient ou elle-même ? Ainsi débute une aventure imprévue. Ce livre optimiste est avant tout une plongée dans la vie et les pensées de plusieurs personnages, vies et personnages fort dissemblables. Votre rédacteur, craignant les propos trop flatteurs d’un éventuel commentateur, préfère annoncer lui-même cette parution. (Dr Abraham de Voogd)

 

Les révélations de Brès : Dr Sylvain Fèvre, Éditions Mon petit éditeur, 324 pages, 22 €

Les médecins ont pris le pouvoir… Et ce n’est pas mieux qu’aujourd’hui. Il s’agit d’un gros roman d’anticipation qui se propose de dénoncer de façon satirique certaines dérives du pouvoir médical. S’y trouvent réunis l’évolution possible (?) de notre art : quarante vaccins pour le nourrisson, le vaccin contre le HIV, tous rendus obligatoires par décision gouvernementale, la puce implantée sous la peau du bras, etc. Le sexe n’est pas absent avec la présence obligatoire d’homosexuels et divers épisodes chauds, tromperies et fidélité mêlées, comme dans les séries télévisées actuelles. Les intentions de l’auteur sont louables mais la lecture de ce roman aux trop nombreuses incidentes est assez laborieuse. (Dr Robert Laurent)

 

I.G. Intelligence Génétique : Dr Franck Senninger, Éditions Anfortas, 376 pages, 19 €

Voici un nouveau roman qui porte la marque de l’imagination foisonnante de l’auteur, déjà remarquée dans ses œuvres précédentes. Roman d’aventures avec des rebondissements multiples, pas vraiment policier malgré les cadavres, roman de science-fiction surtout, basé sur de sérieuses connaissances en génétique, évidemment détournées pour les besoins du scénario. Malgré les apparences le propos est sérieux. Il s’inspire de la lutte féroce entre Créationnistes, Darwinistes et sectes. La psychologie n’en est pas absente. À noter une certaine critique des milieux qui font la loi aux USA. (Dr Abraham de Voogd)

 

Registres d’un médecin de France : Dr Jean-Marie Debadji, Les éditions du Net, 110 pages, 12 €

On peut considérer ce sympathique petit livre comme un patchwork où l’auteur a réuni des propos fort dissemblables. Réflexions sur l’être qui, né au Maghreb, s’est intégré à la vie dauphinoise pour faire médecine et y exercer. Puis il nous livre une série d’aphorismes fort savoureux et enfin des nouvelles et des récits. Ce qui frappe, c’est l’extrême originalité de sa vision du monde et, il faut le noter, l’extrême bienveillance de cet homme très tourmenté. Ces dispositions se faisaient déjà jour dans son « Je m’appelle Mohamed et j’aime la France », magnifique et inoubliable hommage à son père.

PS : Je suis consterné d’apprendre la disparition brutale de ce jeune confrère. (Dr Abraham de Voogd)

 

La quintessence de mes jours sous un ciel couvert : Dr Ivan O. Godfroid, 315 pages, il se trouve uniquement sur Internet (sur le blog de l’auteur et sur Amazon), en version imprimable pour 7,70 €

Membre du GEM, psychiatre, notre confrère belge se partage entre l’écriture et son art. Cet étrange roman se présente sous la forme du journal tenu jour après jour par un tueur professionnel qui tue aussi facilement et sans état d’âme qu’on écraserait une mouche. Ce « sniper » aux armes sophistiquées, est comme l’auteur parfaitement au fait de l’informatique, pétri de musique trash et funk comme d’histoire ancienne, pense et philosophe tout de même beaucoup en parcourant des villes célèbres. C’est un livre très masculin. Sombre, désabusé, avec des formules telles : « La pitance dompte l’animal, l’argent soumet l’homme. » (Dr Abraham de Voogd)

 

Nouvelles sur ordonnance : Pr Denis Labayle, Les éditions Dialogues, 150 pages, 15,90 €

Inutile de louer notre confrère déjà titulaire de nombreux prix dont le prix Littré. Son style limpide, son art de conteur ne peuvent que séduire. Pourtant on doit considérer ce petit ouvrage avec un nouveau regard. Il s’agit d’histoires médicales vécues ou imaginaires, ou plutôt distillées et recomposées afin d’en faire émerger ce qui constitue à la fois la noblesse, les souffrances et les étranges aléas de notre métier. Ce n’est pas du pittoresque, du sensationnel, et on peut imaginer que le lecteur tout venant découvrira ici un des versants les plus intimes de nos vies, notre fragilité face à la souffrance et nos luttes. Ce petit recueil, plein de gravité comme d’humour, est un chef d’œuvre d’humanisme. Impressionnant. (Dr Abraham de Voogd)

 

Catherine de Médicis : Une reine, trois régences, Dr Madeleine Kahn, La Compagnie Littéraire, 17,50 €

Cent-vingt-quatre pages passionnantes, en immersion dans la trame serrée du cœur tragique du 16ème siècle. Dans un style vivant, souvent teinté d’humour, le portrait de Catherine de Médicis y est ciselé et approfondi. Florentine née dans le « nid de vipères » des Médicis, transplantée à quatorze ans à la cour de François 1er et mariée à son fils Henri II, elle va régner longtemps, reine jusqu’à la mort violente d’Henri II, puis régente de trois de ses fils dans un royaume endetté, appauvri, déchiré par la guerre civile qui sous couvert de religion se nourrit de luttes de pouvoir, avec haine et violence. D’une intelligence exceptionnelle et d’une volonté redoutable, Catherine qui a lu Machiavel dans l’enfance, mène une politique toute de louvoiement, pour la défense de la couronne de France, sa seule passion. Dans ce livre joliment présenté, à conserver, l’auteur nous offre un travail clair, très documenté enrichi de références et de citations qui éclairent les causes de ces méfaits, le relie au manège de la comédie humaine. On y apprend en particulier que l’ordre du massacre de la saint Barthélémy émanerait de Charles IX et non de sa mère. (Dr Maria Labeille)

 

Natures mortes et/ou vives : Dr Jean Louis Belgrand, Auto-édition, 56 pages, 13 € chez l’auteur, 58 Bd Aristide Briand 77000 Melun

Notre remarquable talentueuse Vieille Tige nous offre dans cette petite mais dense plaquette la quintessence de son savoir faire en poésie. Il faut considérer ce recueil comme le chef d’œuvre de sa longue carrière. Juré du prix Clément Marot du GEM, il maîtrise parfaitement toutes les modalités de la poésie. La technique disparaît ici comme chez les grands peintres pour laisser place à la seule émotion. Certes, il sait décliner la rose, tout comme Ronsard, mais aussi nous mener en chantant la vie, l’amour, jusqu’aux questionnements existentiels, ce qui donne une grande force à ses vers. Ces pages sont magnifiquement illustrées par les œuvres d’Aimé Bénichou et de Benoît Belgrand. (Dr Abraham de Voogd)

 

Terre stérile : Dr Pierre Lebahar, Éditions Anfortas, 104 pages, 6,90 €

Ce roman malgré un petit volume est une grande œuvre, magnifiquement écrite, qui porte à réfléchir sur quantité d’aspects de la vie, sur la marche du Monde. Deux tueurs se dirigent vers leur objectif : chapitres impairs pour l’un, chapitres pairs pour le second. Ainsi le lecteur suit leurs parcours, mais surtout le cheminement de leurs pensées, leur motivation, leurs contradictions, leurs peurs, leur philosophie face à la mort. Ce qui rend le livre passionnant, c’est que l’un représente l’Occident riche et matérialiste et l’autre un monde sans terre, sans avenir, qui aspire à la puissance et au bonheur. Ils sont ennemis mais placés par le destin sur des trajectoires différentes, ils s’ignorent et s’il leur arrive de se rencontrer cela n’aura aucune conséquence. Il faut relire ces pages à plusieurs reprises pour en savourer toute la pensée humaniste sous-jacente. (Dr Abraham de Voogd)

 

Manoir et manigances : Dilan Ravec, alias Dr Daniel Vrac, Publibook.com, 188 pages, 19 € (version papier)

Notre ami livre ici les nouvelles aventures du commissaire Andrieu et de ses acolytes dans une sombre et mystérieuse affaire, toujours en Bretagne, dans un manoir où dorment des secrets bien gardés. Il y a épée, souterrain, murailles anciennes, une fontaine insondable et un assassin doté d’une arme imprévue. Ce roman paraît le plus abouti par l’intrigue, les fausses pistes. On y retrouve le style impeccable et vif de l’auteur ainsi que sa profonde culture du monde gréco-romain. Un polar qui se lit avec le plus grand plaisir. (Dr Abraham de Voogd)

 

Guide de l’apprenti romancier : Pr Paul Zeitoun, Libre d’écrire, IS-Editions.com, 226 pages, 15 €

Voici un livre que chacun regrettera de ne pas avoir lu il y a des années, lorsqu’il écrivit son premier ouvrage ! On y trouve tout, d’une façon exhaustive, depuis la mise en phrases de votre inspiration jusqu’aux signes et caractères conventionnels à utiliser pour les corrections sur les bonnes feuilles avant l’impression. Certes, il s’agit avant tout d’un manuel pratique, mais c’est aussi le roman de l’écrivain ce qui en rend la lecture facile, instructive et divertissante. On se met dans la peau, dans le ressenti et l’angoisse de celui qui tente de construire son ouvrage, de l’éditer, de le vendre. Et il y a de si belles trouvailles : « Un manuscrit c’est comme un jardin, on a toujours quelque chose à y faire ». Vous tous qui écrivez, n’hésitez pas à vous le procurer, vous y apprendrez beaucoup, en particulier sur l’édition. (Dr Abraham de Voogd)

 

AUDACE : Guide à l’intention des auteurs cherchant éditeur, Monsieur Roger Gaillard, L’oie Plate, 622 pages, 59 €

(NB : L’Oie Plate, L’Observatoire Indépendant de l’Édition Pour Les Auteurs Très Exigeants, fait suite au CALCRE qui se bat pour la défense de l’écrivain face aux maisons d’édition.)

Audace est un énorme catalogue avec références et appréciations sur plus de 1100 éditeurs. Arrêté en 2012, il est fort bien fait, clair et précis, mais il n’est pas exhaustif. En particulier nos partenaires Glyphe et Anfortas n’y figurent pas. L’Oie Plate publie d’autres ouvrages concernant l’édition se renseigner sur leur site : http://www.loieplate.com/. (Dr Abraham de Voogd)

 

St Jacques de Compostelle de A à Z : Dr Jean Marie Beuzelin, Éditions Seguier "Atalantica", 64 pages, 8 €

Pour ceux qui ont déjà parcouru les chemins de Saint Jacques, de A à Z saura réveiller des souvenirs, éclaircir des zones d’ombres, compléter des lacunes historiques, géographiques, bibliques... Pour ceux qui vont prendre le bâton pour parcourir des kilomètres de chemin, de A à Z sera un précieux guide pour mieux préparer, pour mieux rêver avant la grande marche... Pour ceux qui n’osent pas encore prendre la route, de A à Z pourra les rassurer, les convaincre de la beauté de leur projet enfoui sous des craintes, des angoisses injustifiées... Pour ceux qui ne pourront jamais suivre les pas des pèlerins, à travers les mots de A à Z ils pourront vivre avec l’auteur et les pèlerins, les émotions du partage, de la communion, de la beauté des âmes... (Dr Robert Laurent)

 

Les pouvoirs de la peau : Pr Gérard Guillet, Éditions Albin Michel, 220 pages, 15 €

Notre confrère nous fait partager son érudition. Avec surprise, on en apprend beaucoup sur les rites préhistoriques et historiques en relation avec la peau. Bien entendu il est question du rôle de la peau et non pas, à proprement parler, de ses maladies mais de leur signification dans les traditions, la conscience et le subconscient, ses liens supposés avec le Mal, le Destin, ou encore la sorcellerie. Séduit par le style impeccable, le lecteur se réjouit de lire d’innombrables anecdotes avec plaisir car l’humour est toujours sous-jacent alors que le titre pourrait faire croire à un ouvrage quelque peu rébarbatif. Il s’agit ici de sagesse, d’observation clinique. Les croyances religieuses, les miracles ne sont pas malmenés mais observés avec respect. (Dr Abraham de Voogd)

 

L’invisible au petit chien : Dr Jacqueline Zinetti, Éditions L’Harmattan, 96 pages, 11 €

Un petit recueil de nouvelles très psychiatriques se rapportant à des faits violents, issues de son expérience en milieu hospitalier et carcéral. S’y trouvent des pensées profondes : "Force de vie ou de mort, n’est-ce pas la même chose ?… Lire à travers le corps est parfois plus périlleux que lire à travers les pensées." Et autres réflexions sur le sens de la vie. Véritables nouvelles quant au style, elles trahissent des préoccupations très particulières. (Dr Abraham de Voogd)

 

Un rêve à bout de souffle : Dr Paul Després, Éditions Glyphe, 198 pages, 16 €

C’est un roman initiatique où le jeune externe des Hôpitaux de Paris participe avec enthousiasme à la mise en œuvre des premiers respirateurs artificiels d’Engström. Une belle jeune fille est la première malade dont il a partiellement la charge. Il en tombe éperdument amoureux et, malgré sa tétraplégie et l’intubation, elle semble lui faire comprendre qu’elle partage ce sentiment. Sa révolte de la voir ainsi, son espoir de partager sa vie, ne l’empêchent pas de se livrer à des aventures amoureuses au cours de séances très érotiques. Il est regrettable que le récit soit alourdi par ces dernières et par la description trop détaillée de la pathologie, de l’organisation de la médecine hospitalière avec les concours, comme de l’environnement dans lequel le jeune étudiant évolue. Néanmoins ce roman est un reflet fidèle de cette époque. (Dr Abraham de Voogd)

 

Napoléon et ses médecins : Dr Xavier Riaud, Éditions Glyphe, 372 pages, 36,50 €

Un volume très dense sous un petit volume, c’est une véritable encyclopédie couvrant toute la vie de l’Empereur et le détail des médecins de son époque. On se souvient de Larrey, de Corvisard, de Baudelocque mais il y en a une foule d’autres et les portraits (d’époque) de la plupart d’entre eux se trouvent même reproduits ici avec leur curriculum vitae ! Ce qui est tout à fait remarquable pour un ouvrage aussi exhaustif, c’est la clarté d’exposition en un style précis, sans répétion, sans enjolivures pédantes, ce qui en rend la lecture agréable. À faire figurer dans sa bibliothèque.

Tout comme André Castelot, Max Gallo, Jean-Louis Debré, le Prince Charles Napoléon et le Prince Joachim Murat, Xavier Riaud vient de recevoir la plus haute médaille de l’International Napoleonic Society, la Legion of Merit, pour son travail sur la médecine napoléonienne. (Dr Abraham de Voogd)

 

Psychose au laboratoire : Dr Roger Caporal, Éditions Glyphe, 175 pages, 17 €

Après La mort aux dents, Meurtres au cours de danse, voici un nouveau tome de la série de romans policiers de notre ami et nous y retrouvons le commissaire Jullien et son médecin légiste, une demi-douzaine de cadavres et tout autant de fausses pistes. Le pittoresque et la psychologie n’en sont pas absents. C’est toujours ingénieux, divertissant. (Dr Abraham de Voogd)

 

Le roman de Mademoiselle L – En attendant la greffe : Dr Robert Laurent, L’Harmattan, 88 pages, 11,50 €

Un beau bébé vient au monde à la joie de ses parents. Au fil des mois apparaissent des signes inquiétants et déroutants qui finiront par se révéler comme les prémices d’une fibrose pulmonaire primitive. Le médecin généraliste se démène pour obtenir un diagnostic, puis les traitements appropriés de la part de confrères hospitaliers. Ainsi va commencer une lutte acharnée pour le confort de vie et la survie de l’enfant. Ce sera un échec. Cette histoire est aussi celle de la souffrance, non pas celle des parents ou de l’enfant, mais surtout du médecin généraliste qui s’est lourdement investi dans cette lutte aux côtés de ces gens, clients de longue date. À l’opposé des hospitaliers qui n’ont pas de liens anciens et profonds avec leurs patients éphémères, à l’opposé de l’instituteur ou du curé compatissants, il se trouve dans la situation très particulière où il est à la fois l’ami, le témoin impuissant et celui qui est supposé avoir une certaine responsabilité dans les soins et l’évolution de la maladie. Voilà ce que décrit notre ami dans un style personnel, toujours très poétique. Un récit bref qui prend aux tripes. (Dr Abraham de Voogd)

 

Moi et mon crabe : Pr Jean François Schved, L’Harmattan, 106 pages, 13 €

Un extraordinaire petit livre empreint d’humanisme médical qui pose en filigrane la question : faut-il dire la vérité au malade ? Il s’agit d’un roman dont le personnage principal est le malade, comme il se doit. Ce malade, synthèse de tant d’autres, se découvre un cancer du poumon et entre dans l’aventure angoissante de devoir vivre avec lui, le crabe. L’auteur le place donc, pas tant face à la maladie, mais face aux médecins et intervenants qui ont la charge de répondre aux questions qu’il va leur poser logiquement (après avoir consulté Internet !) au fur et à mesure de l’évolution de la maladie. Autant les dialogues sont parfaitement rendus avec leur certaine absurdité, autant l’humour et la beauté de la vie demeurent omniprésents. Pneumologue si souvent confronté à de telles situations je ne puis qu’admirer la probité, la délicatesse et la justesse de ce qui est écrit ici par une plume alerte et savoureuse. (Dr Abraham de Voogd)

 

Une éducation en terres berbères 1940-1958 – L’OLIVE, LE DOUM ET L’ORANGE : Dr Bernard H, Éditions Atelier Fol’ fer, 305 pages, 28 €

Tout commence par « le commencement » et nous voilà parti pour un voyage au cours duquel l’auteur n’oublie rien, ni les êtres, ni les lieux, ni les évènements. Il nous emporte entre 1940 et 1958 sur le chemin de sa vie. Après avoir dressé le décor, le cadre de vie, il nous conte le temps qui passe, sa vie, celle des Autres. Parsemé de souvenir personnels, familiaux, de faits historiques, d’images, de rencontres, ce récit est taillé avec une telle précision que nous sommes rapidement transportés dans l’univers de l’auteur. Tout finit par « l’achèvement », tout redevient cendre, tout revient au pays. (Dr Robert Laurent)

 

La dame de Stors : par Bordetella Pertussis (alias Dr Véronique Dorison), Éditions Val d’Oise, 241 pages, 14 €

Connaissez-vous l’inspecteur Malandrin ? Non ! alors rendez-vous à la Chapelle de Stors, près du château du même nom, lors d’une journée du patrimoine. Une leçon d’histoire vous sera offerte avec, en prime, un rappel sur les vies des Marie Madeleine et les, éventuelles, descendances du Christ. Si vous êtes sages et à l’écoute, Malandrin et ses mulets vous feront participer à l’enquête, palpitante et riche en rebondissements, sur la mort d’une charmante nonne, peut-être de la famille d’une Marie Madeleine… (Dr Robert Laurent)

 

chroniques sous un arbousier : Dr Paul Després, L’Harmattan, 262 pages, 27 €

« Les ragots, c’est comme les ragoûts, ça mijote lentement à feu doux… se dégustent par petites bouchées bien longues en bouche » et notre confrère est un maître queux dans ce domaine d’où les queues ne sont pas absentes et s’activent ! Il s’agit d’une chronique d’un village bourguignon minutieusement décrit avec ses habitants parmi lesquels quelques bien-pensantes font un concours savoureux de commérages, de médisances et de calomnies paillardes lorsqu’elles se rassemblent pour des tâches familières. Leur proie favorite est une jeune femme d’origine gitane, mais elle n’est pas la seule. Ce roman est avant tout la description d’une certaine joie de vivre dans une opulente campagne avec ses ivresses et ses péchés véniels. On ne peut s’empêcher de rapprocher cette atmosphère de celle qui régnait dans les riches Flandres de Breughel avec l’Église proche des lieux de perdition afin que, ivres de bon vin, la panse pleine, les fidèles absous puissent récidiver en joyeuses ripailles et fornications. Les Flandres ne faisaient-elles pas partie du duché de Bourgogne ? Paul Després, commandeur du Tastevin est évidemment bien informé ! (Dr Abraham de Voogd)

 

Hector Berlioz le romantique : Dr Jacques Bouteiller, Éditions Glyphe, 180 pages, 18 €

Un régal ! C’est une biographie de la vie professionnelle et sentimentale du grand musicien mais ici rien de docte, de froide observation. Certes les faits sont rapportés avec précision de la naissance jusqu’à sa mort et pourtant on dévore page après page le prodigieux roman de ce Tantale de la musique si malmené par les jalousies et par les femmes. Oui, après une traversée du désert malodorant des derniers prix littéraires, on respire en lisant cette épopée si bien rendue par une plume vraiment excellente. (Dr Abraham de Voogd)

 

chariot des âmes perdues : Dr Michèle Chapuis-Maurette, Galerie Racine, 110 pages, 21 €

Notre amie est bien connue pour son œuvre poétique qui lui a valu de nombreux prix dont celui des l’Association des Écrivains, de l’Académie des provinces françaises, de l’Association des gens de Lettres, etc., ainsi que les prix Clément Marot et Cesare Pavese de poésie. Ce recueil illustré paraît assez abouti. On y retrouve une sensibilité à fleur de peau et un profond amour de la nature. Ces vers de facture libre, sont empreints d’une grande sérénité devant le regret du temps qui, inexorablement, passe. (Dr Abraham de Voogd)

 

Histoire de la chirurgie : Dr Pierre-Louis Choukroun, Éditions du Dauphin, 216 pages, 28 €

« Du silex à nos jours » est un ouvrage luxueux, aux illustrations nombreuses, divisé en plusieurs grandes parties : la préhistoire, les civilisations antiques, la période médiévale, la Renaissance, puis l’ère des pionniers du 17ème siècle et du 19ème, avant d’aboutir à l’époque contemporaine et, enfin, d’envisager les espoirs pour l’avenir immédiat. Il va de soi que le lecteur médecin peut retrouver ici ou là des faits déjà connus, mais cet ouvrage, sans être exhaustif, est formidablement documenté et cette histoire est considérable. Le grand mérite de ce chirurgien est d’avoir su exposer le cheminement de son art à travers les siècles avec maestria et clarté. Un ouvrage à garder en bonne place. (Dr Abraham de Voogd)

 

Condamné à la peine de vie : Pr Jacques Duprey, Éditions Glyphe, 184 pages, 14 €

184 pages très claires sur un sujet complexe, il s’agit ici d’un petit essai philosophique traitant du sujet de la vie terrestre face à l’inconnu de l’Éternité. L’auteur y aborde par petits chapitres, volontairement concis et limités, les diverses attitudes de l’être humain face aux interrogations qu’engendrent l’opposition entre le temps vécu, avec la Finitude, et la croyance en des univers parallèles invisibles. (Dr Abraham de Voogd)

 

Un écrivain hors commerce : Mr Pierre Hamel, Éditions le Dormeur du Val, 334 pages, 27 €

Ce pharmacien qui tient une officine familiale, depuis sept générations, à Conflans-Sainte-Honorine, est bien connu du GEM pour ses œuvres éclectiques toujours empreintes d’un humour frais par des associations cocasses de mots, d’idées ou de situations. Ce « polygraphe » prolixe manie le patois normand tout comme la belle prose et surtout la poésie dont il offre au fil des pages de nombreux et étonnants échantillons. La liste de ses distinctions littéraires est fort longue. Il nous livre ici une autobiographie assez exhaustive et par là-même le reflet de ses expériences variées, de réceptions dans des académies et des personnages qui l’ont reçu en ces occasions. Bien entendu, son attachement à ses racines normandes, ses goûts, nous sont communiqués en abondance. Et puis dans cet ouvrage figurent de nombreuses photographies de l’auteur et de son entourage. Ainsi l’univers de Pierre Hamel nous est esquissé. Un livre instructif et divertissant. (Dr Abraham de Voogd)

 

Un chat c’est tout un poème : Dr Sharon Deslignières, Éditions Dossiers d’Aquitaine, 60 pages, 15 €

Notre talentueuse amie donne ici par des poèmes et des illustrations en couleur de sa main un vibrant témoignage de son amour des chats. Les poèmes sont empreints d’un grand réalisme aussi bien dans le comportement de l’animal que dans ses relations avec les autres créatures et cela avec beaucoup d’humour. Ce petit ouvrage est également un hymne à la vie.

 

Sur les rives et les marges de la vie : Dr Sharon Deslignières, Éditions Lacs et Landes, 30 pages, 8 €

Il s’agit ici d’un nouveau recueil, primé par l’Association littéraire des amis du lac d’Hossegor. Toujours de la poésie, mais bien plus ancrée dans le cours du fleuve de la vie. Il faut noter qu’un évènement insignifiant évoque parfois sous sa plume un sentiment intense ou une pensée profonde. Humour et gravité se trouvent ainsi associés. (Dr Abraham de Voogd)

 

Les secrets des grands crimes de l’histoire : Dr Philippe Charlier, Éditions Vuibert, 280 pages, 19,50 €

Philippe Charlier, maître de conférences en médecine légale au CHU de Garches et chercheur en éthique médicale, « médecin des morts » (titre d’un de ses romans), se passionne pour « la mémoire des anciens ». Dans cet essai sur les assassinats de l’histoire les plus renommés, il nous plonge dans l’atmosphère criminalistique de tous les temps tout en nous apprenant comment la médecine légale depuis plus de quatre mille ans, a essayé d’établir des rapports et témoignages contre les auteurs de mort suspecte aux fins d’infliger aux assassins reconnus des peines légales à la hauteur de leur crime. Ainsi nous emmène-t-il, parmi d’autres, dans l’intimité de Saint Benoit le bienheureux, de Zoé l’impératrice mante religieuse, de Jean sans peur, du Vert Galant, de la Brinvilliers, de son courage devant la mort qu’elle avait distribuée sans coup férir, et plus près de nous de Lincoln, Zola intoxiqué et Trotsky traqué et finalement atteint des coups de piolet de Ramon Mercader. Après cette lecture, on ne pourra plus passer Rue de la grange aux belles à Paris sans avoir une vision frissonnante de tous ces criminels se balançant au gibet de Montfaucon, ni dans la Rue de la vieille lanterne où Nerval fut retrouvé pendu à la porte d’un serrurier par un matin d’hiver… suicide ou crime ? (Dr M.J. Bot)

 

Pages d’un ambassadeur en blanc : Dr Véra Kitova, Éditions Rafaël de Surtis

Ce médecin du corps diplomatique bulgare, écrivain et poétesse, organisatrice de trois Congrès de l’UMEM, nous narre non seulement ses impressions, ses histoires vécues en tant que médecin en Tunisie de 1962 à 1968, mais encore comment elle s’est plongée dans l’art de vivre local. Ce témoignage de l’époque laisse songeur et nous enrichit. (Dr Roland Noël)

 

Rien qu’un faire-part : Dr Abraham de Voogd, Éditions Anfortas, 194 pages, 15,50 €

Ce roman nous évoque avec douceur et poésie l’éternel conflit entre ethnies, religions et générations que l’âme jeune confiante, quelle que soit son éducation, naturellement en quête d’amour sain et de douceur de vivre, subit parfois jusqu’à la mort. Jaslina ravissante lycéenne bosniaque musulmane est amoureuse d’un ami de son frère, Bozzo croate chrétien qui ne rêve que d’elle. Ils vivent à Mostar, petite ville de Yougoslavie, en apparence calme et charmante, de chaque côté du pont qui sépare, telle une frontière spirituelle, les deux peuples. Ils se retrouvent en cachette dans les bosquets de la rivière. Tout paraît possible pour ces deux enfants élevés séparément dans la religion et les mœurs mais pareillement dans l’amour familial si, à la mort subite du dictateur Tito, les trois peuples croate, bosniaque et serbe contenus jusque là dans une paix forcée, n’avaient libéré leurs rancœurs ancestrales et entraîné le pays dans une guerre civile cruelle. Leur idylle s’épanouit un instant derrière les remparts de la douce Dubrovnik baignée par le soleil et la mer, où ils se réfugient pour échapper aux serbes et même à certains des leurs. Cependant tel un éclair précédent le tonnerre le conflit s’intensifie et les sépare à jamais. Mais la vie continue… (Dr M.J. Bot)

 

Le vieil homme sur le banc : Dr Jean-Noël Durand, Éditions SNEM, 239 pages, 15 €. Prix Littré 2012

Impossible de donner plus qu’un très pauvre aperçu de ce roman magnifique dont le souvenir hantera longtemps le lecteur. Nous y retrouvons le style déjà admiré dans « Le goût de l’Aouara », un ouvrage précédent. La construction savante et efficace permet de suivre cette sorte de biographie d’un orphelin russe implanté en terre limousine où il finit ses jours dans une maison de retraite. Au fil de ses conversations avec son médecin, on en apprend jour après jour un peu plus sur cet homme secret et ses secrets. Le lecteur ne peut échapper aux émotions suscitées par des sentiments évoqués avec sensibilité et maestria. Un exemple éblouissant d’humanisme médical au service de la littérature. (Dr Abraham de Voogd)

 

Saint-Simon et la médecine : Dr Jacques-André Ulmann †, Éditions Glyphe, 237 pages, 17 €

Voici un ouvrage passionnant paru peu après la disparition de son auteur. Celui-ci a fourni un travail considérable en démontrant l’intérêt que Saint-Simon portait à la médecine de son temps. Observateur très attentif, et très critique de la cour de Louis XIV, il a laissé des descriptions si détaillées que notre confrère a su en tirer des diagnostics vraisemblables. Le lecteur tout venant y trouvera un tableau de l’état sanitaire de la France plongée alors dans une misère totale aggravée par des hivers très rigoureux tandis que de son côté le médecin se régalera de voir défiler toute une pathologie historique. Après cette lecture, il n’est pas exagéré de penser qu’un SDF d’aujourd’hui vit plus confortablement que le Roi Soleil. On pourrait aussi conseiller à ceux qui s’opposent aux vaccinations de lire ici les ravages faits alors par la rougeole. (Dr Abraham de Voogd)

 

La Martinière : Dr Jean-Philippe Haudebourg, Anna éditions, 398 pages, 20 €

Un très gros roman de lecture agréable qui nous ramène à la Belle Époque avec les préoccupations de la bourgeoisie campagnarde d’avant guerre, les problèmes d’héritage des biens et les intrigues amoureuses guettées par le qu’en dira-t-on. Les voitures sont encore peu fiables et les routes boueuses. Puis surviennent dans cette France profonde les bouleversements de la guerre de 1939 avec la Résistance, les liaisons avec des officiers allemands, puis la Libération et ses suites. Un roman à rebondissements où le médecin a aussi son mot à dire. (Dr Abraham de Voogd)

 

Médecin, Quand reviendra-tu ? : Dr Robert Escande, Éditions Baudelaire, 214 pages, 14,50 €

Ce n’est pas une banale suite d’histoires médicales vécues, comme on pourrait le croire au hasard des pages écrites d’une plume particulièrement alerte et savoureuse. Avoir la farouche volonté de s’installer parmi de pauvres gens qui vivent de peu sur le rude plateau ardéchois, là où souffle la Burle, ce vent violent qui crée de mortelles congères est une chose, mais succomber sous les tracas administratifs en est une autre. Aussi, bien que pris par les anecdotes, le lecteur ne manque pas d’être frappé avant tout par la personnalité de l’auteur qui se dévoile à son insu par son cheminement. C’est cela qui fait de ce livre un vrai roman tout autant qu’un réquisitoire contre les politiques et les dirigeants de la S S, tous destructeurs de la médecine de proximité : « Allez donc travailler en salarié à l’hôpital ! Il n’y a pas d’avenir pour la médecine libérale. » lui confie l’inspectrice des Impôts qui a eu raison et de la situation et de la santé de ce confrère au courage exemplaire. (Dr Abraham de Voogd)

 

Haschich, chanvre et cannabis, L’éternel retour : Dr André Fabre, Éditions L’Harmattan, 124 pages, 13 €

Un petit livre en apparence, mais très dense, où l’auteur fait preuve d’une grande érudition puisqu’il nous mène des Scythes et même des tombes chinoises de 2700 av J.C. jusqu’aux auteurs du 19ème siècle et notre époque. De fait, il nous donne surtout les témoignages de ceux qui l’ont utilisé ou étudié au fil des siècles, selon les civilisations, les religions. Ainsi il apparaît qu’il fut tantôt utilisé à des fins médicales, tantôt pour la recherche de l’ivresse : drogue libératrice des soucis de ce bas monde ! Sont abordés divers aspects de cette toxicomanie, ainsi que l’évolution des législations. Notre confrère formule aussi l’hypothèse que le grand usage de cette drogue dans les pays musulmans pourrait être dû à l’interdiction de rechercher l’ivresse par le vin. À recommander à ceux qui en font « une drogue douce » ! (Dr Abraham de Voogd)

 

Code : Mado, Qui est Laure Diebold-Mutschler ? : Mme A.M. Wimmer, Éditions Pontevecchio, 262 pages, 21 €

C’est un livre de journaliste, donc une enquête livrée comme telle. La lecture n’est donc pas celle d’un roman malgré le caractère romanesque du contenu. L’auteur tombe par hasard sur la trace de cette héroïne de la Résistance, secrétaire de Jean Moulin et originaire de son propre village natal. Elle s’indigne que le souvenir de cette femme, Compagnon de la Libération, ne soit pas honorée davantage. Ce livre a donc pour but une sorte de réhabilitation, de glorification. C’est cette enquête avec ses détours, ses personnages, la recherche de témoins, de documents, qui est relatée ici. (Dr Abraham de Voogd)

 

Un brin d’écarlate : Melle Nadine Grandeau, Éditions Unicité, 172 pages, 17 €

Voici un roman très troublant dans lequel un jeune homme apprend après le décès de son père, sévère et célèbre chirurgien, sa vraie nature. Il découvre que cet homme qui ne lui a guère montré d’affection de toute son enfance, pouvait à l’hôpital faire preuve d’un grand humanisme. Il faut préciser qu’affligé de naissance d’une malformation sévère du pied qui a nécessité des interventions chirurgicales, ce fils a beaucoup souffert de l’apparente indifférence de son père. C’est en découvrant un récit intime confié à son père par une des ses patientes que cette révélation lui est faite. Ainsi le lecteur trouve deux livres en un. L’autre étant la relation de ses sentiments, de ses épreuves et de ses désespoirs, d’une jeune fille hospitalisée en soins intensifs. Ce récit est bouleversant de vérité, de vécu, comme on n’en trouve pratiquement jamais. Voilà pourquoi ce modeste ouvrage ne peut qu’émouvoir le lecteur le plus endurci. Magnifique. (Dr Abraham de Voogd)

 

Nos arbres : Dr Vincent Bouton, Éditions L’Harmattan, 103 pages, 12 €

Notre ORL dont nous avions aimé Le Rhinosophe et Nicodème nous offre ici, très joliment présentée, une succession de petits poèmes qui trahissent une grande profondeur de pensée et beaucoup de délicatesse. (Dr Abraham de Voogd)

 

Dernier homicide connu : Dr Olivier Kourilsky, Éditions Glyphe, 214 pages, 16 €

Notre confrère, déjà lauréat du prix Littré, nous présente un nouveau polar, classique dans sa facture, toujours fort bien écrit où le lecteur retrouve des héros précédents auxquels vient s’ajouter une nouvelle inspectrice fort estimable à tous points de vue. Introduction aussi d’une dose de moyens modernes : Internet, téléphones portables, vidéosurveillance. On retrouve ici l’attirance de l’auteur pour les lieux souterrains inconnus de Paris. Deux frères jumeaux en sont les personnages principaux, liés par le traumatisme de l’assassinat de leur mère jusqu’à se transmettre leurs émotions par télépathie. L’un devient prêtre, l’autre assassin. Pour le reste : Motus ! C’est un roman policier... (Dr Abraham de Voogd)

 

Meurtre au cours de danse : 204 pages, 17 €, et La mort aux dents : 150 pages, 16 €, deux romans policiers du Dr Roger Caporal aux Éditions Glyphe

Perpétuant la tradition, notre confrère nous livre deux aventures du commissaire Juillard et de son médecin légiste favori, le docteur Fugon. Fausses pistes nombreuses, découvertes, surprises et dénouement logique mais imprévu sont communs au genre. Ce qui est nouveau par rapport aux classiques est la place faite à la science avec les recherches d’ADN. Il est vrai qu’on en trouve beaucoup, dans les draps et ailleurs, car les hormones sexuelles sont omniprésentes qui tirent les ficelles de créatures divines, irrésistibles, à côté desquelles les bombes de Peter Cheyney font pâle figure. (Dr Abraham de Voogd)

 

Nom de code, Jules Verne : Dr Marc Magro, Éditions Glyphe, 260 pages, 17 €

Une sorte de polar avec des indices mystérieux, un paparazzi invisible, des rebondissements, une poursuite. C’est aussi la description fidèle d’une croisière caricaturale en méditerranée et de ceux qui y participent. Celui qui en a l’expérience se réjouira à cette évocation. Mais c’est encore et avant tout une étude psychologique très fine des personnages : un groupe d’amis, deux couples avec petits enfants et adolescents, deux femmes célibataires à la recherche de l’amour. Marc Magro termine ici d’une façon brillante une trilogie dont le docteur Verne est le héros principal. (Dr Abraham de Voogd)

 

L’homme-parapluie : Dr Jean Luc Roffé, Éditions Michel de Maule, 300 pages, 20 €

C’est un roman très original par sa structure. Il commence par un fantasme bilatéral : une femme libre et un homme qui semble libre font une rencontre qui n’est pas si fortuite et qui entreprennent un jeu dans l’univers clos d’un voilier sur la mer immense. Le jeu consiste à raconter une histoire dont l’autre devra dire si elle correspond à la vérité ou si elle est fausse. Ainsi l’auteur amène le lecteur à revoir les grandes pages de l’histoire depuis 1940 : les guerres mais aussi les grands mouvements de pensée, avant de se terminer le 11 septembre. Malgré quelques longueurs s’y trouvent des détails surprenants puisque ces histoires seraient véridiques. L’amour et l’érotisme n’en sont pas absents pour autant. (Dr Abraham de Voogd)

 

Les pides nus de Zadkine : Dr Gaëtan Lecoq, Éditions La Part Commune, 250 pages, 16 €

Gaëtan Lecoq est lauréat de plusieurs prix littéraires en poésie et nouvelles qui se distinguent toujours par une prose très poétique qu’on admire encore dans ce roman dont le style est ainsi très original, et cela d’autant plus qu’il est écrit à la deuxième personne car le héros se parle sans cesse à lui-même. Il s’agit d’une sorte de biographie artistique d’Ossip Zadkine sous la forme d’une rencontre avec un imaginaire petit paysan orphelin, rêveur, qui s’évade dans les bois pour échapper à la tristesse de son sort, bois où Zadkine vient chercher des fûts d’arbres pour de nouvelles créations sculpturales. Ainsi naît une affection quasiment filiale. L’enfant à la sensibilité aigüe suit sans difficulté la démarche artistique du sculpteur et s’initie au monde de l’art puisque la compagne de Zatkine est peintre elle-même. On suit ce trio de l’avant guerre jusqu’aux années 60, occasion de rencontrer diverses œuvres. On suit également les immenses variations de l’humeur de Zadkine, tantôt enthousiaste, tantôt abattu, surtout durant la guerre qui l’oblige à quitter la France et ceux qu’il aime. Un roman précieux où la nature avec sa splendeur changeante est chantée avec passion. (Dr Abraham de Voogd)

 

Noirs en blanc : Dr Denis Labayle, Éditions Dialogue, 346 pages, 19,90 €

Plusieurs romans en un seul, magnifique, où rien n’est artificiel, où tout est d’une vérité limpide : des faits, échecs et réussites, états des lieux, états d’esprit, espoirs, joies, souffrances, défaites et victoires en amitié et en amour. Ce livre n’est pas qu’un roman au style parfait, mais aussi un essai qui pose la question de l’attitude à adopter par ces étudiants venus de pays déshérités pour faire de brillantes études en Occident une fois leur diplôme en poche : rester dans ces pays riches où la sécurité physique et les gains confortables sont assurés, ou rentrer au bercail pour exercer une médecine sans moyens en dépit des révolutions, assassinats, des génocides entre ethnies. La réponse ne peut être univoque et tout le mérite de l’auteur est de démontrer que le hasard des parcours, des rencontres, de la personnalité des uns et des autres imposent un choix qui n’est pas celui qu’ils escomptaient faire au départ. Il ne porte pas de jugement, mais la question est bel et bien posée : ces étudiants trimbalés par le marxisme vers Cuba et Moscou ou Leningrad avant de gagner Paris, Londres ou les USA ne devraient-ils pas, plutôt que d’être recrutés à bas prix par nos hôpitaux, rentrer tous chez eux afin d’aider à la reconstruction de leurs pays et d’ôter aux ONG la raison de leur présence. Denis Labayle a obtenu le prix Littré en 2003 pour Cruelles retrouvailles. Ce roman-ci dépasse largement celui-là. (Dr Abraham de Voogd)

 

Je m’appelle Marie : Dr Jacques Saglier, éditions Gallimard "Seripto", 320 pages, 11 €

Partant de fragments de lettres laissées par sa famille déportée et du témoignage de Georges Duhamel, l’auteur nous livre un document-fiction d’une rare intensité. Une plume admirable sert cette sorte de roman et lui donne cette coloration de vérité autant que de vraisemblance par la délicatesse et l’approfondissement des sentiments prêtés aux personnages et particulièrement à Marie, jeune fille de dix-sept ans qui en est l’intermédiaire. À la lecture une intense émotion étreint le lecteur, qu’il le veuille ou non. Cela provient de la simplicité, de l’économie de moyens utilisés par l’auteur. À l’opposé de bien d’ouvrages traitant de la Déportation, il n’y a ici aucun pathos et c’est cette froide description des faits, des lieux, des sentiments qui contraignent le lecteur à entrer dans le cauchemar de la chasse aux juifs. Le récit met en exergue l’absurdité des situations, des pensées elles-mêmes de ces gens poursuivis, exterminés pour être juifs, et cela d’autant plus que cette famille, certes d’origine juive, ne sait rien de sa religion abandonnée par ses ascendants et qui se comporte comme n’importe quel français laïque et républicain. (Dr Abraham de Voogd)

 

Achille de Mantes à Sobibor : Jacques Franck, éditions L’Harmattan, 155 pages, 15,50 €

Grâce à l’habileté de la plume de l’auteur nous partons en voyage. Voyage bien particulier à travers une cinquantaine d’années d’histoire de France, d’Europe. Le parcours d’Achille est un véritable devoir de mémoire, rythmé par des références culturelles, cinématographiques entre autres. Légère, sévère, dramatique, cette plume sait aussi faire place a des traits d’humour, souvent acide, toujours à bon escient. Ces pages, par moments poignantes, sont un hymne à la Liberté, à l’humanisme, à la tolérance. (Dr Abraham de Voogd)

 

Basilic : Edition augmentée de l’Écharde (prix Littré 2001) Dr Madeleine Kahn, éditions Atlanta, 170 pages, 20 €

(Basilic : reptile mythique capable de tuer ou de paralyser d’un seul regard). L’auteur s’y exprime ici à la première personne. Petite fille juive d’à peine six ans, vive, sensible, de bon vouloir, curieuse de tout, elle est envoyée seule en Roumanie chez sa grand-mère au début de l’été 1939. Très vite c’est l’invasion allemande, les exécutions, les marches forcées, la déportation en Transnistrie. Les malheurs de ces sept années d’exil vécues au seuil dépassé de l’horreur, dans un désespérant sentiment d’abandon, vont devoir lors du retour en France être tus et refoulés sur ordre de la famille, la laissant frileuse et incertaine, doutant de tout et de tous. Des années de pratique médicale et une longue psychothérapie font jaillir du subconscient ce récit cathartique poignant, à l’écriture vivante, précise, ciselée dans l’apesante substance de l’âme enfantine. À l’âge mûr s’impose la mission de témoigner des ravages de la barbarie nazie dans l’Europe de l’Est trop longtemps et -curieusement- passés sous silence. Madeleine Kahn fait alors œuvre d’historienne enrichissant l’ouvrage de documents irréfragables : extraits de déclarations officielles, précisions géopolitiques etc. rendant par là sa mémoire au passé. Revenue en Bucovine, elle s’oppose au déni des massacres commis, souvent avec la complicité des autochtones, en son village de Stanestie de Jos d’où toute communauté juive a disparu (la Roumanie était à cette époque majoritairement antisémite). Livre remarquable d’humanisme, émouvant et soucieux d’une rigoureuse objectivité. (Dr Maria Labeille)

 

Les hommes en grippe : Pr Paul Zeitoun, éditions Glyphe, 176 pages, 16 €

Après le "Passé Englouti" déjà remarqué, voici un nouveau roman au style toujours agréable sur une idée originale : un virus attaque les voies génitales des mâles qui deviennent stériles. On voit à quels développements, faciles, un tel thème pourrait amener. Il n’en est rien, ce n’est qu’un amusant prétexte pour défendre la cause des femmes. Au fil des pages le lecteur erre parmi diverses hypothèses car les pistes sont multiples, avec entre autres une sombre histoire de prétendus détournements de fonds. Une fois éclairé, cet épisode donnera un nouveau sens à la vie de l’héroïne en proie à la disparition de tous ses repères amoureux et familiaux. (Dr Abraham de Voogd)

 

Chroniques odontologiques des rois de France et de la dynastie napoléonienne : Dr Xavier Riaud, éditions L’Harmattan, collection Médecine à travers les siècles, 286 pages, 26 €

Xavier Riaud nous propose de revisiter notre histoire de France avec, en fil rouge, un thème pour le moins original, l’état bucco dentaire des grands de France qui ont fait ce que notre pays est aujourd’hui, au décours d’une rage de dent ou d’un abcès mal soigné. Grâce à un impressionnant travail de recherche, une bibliographie fournie, agrémentée de phrases en vieux français, ces pages deviennent vite passionnantes. Après la découverte de quelques rois et reines, il nous tarde d’avancer dans le temps. Nous découvrons l’origine et le rôle du hochet dans la bouche des enfants, des colliers autour de leur cou, du protoxyde d’azote... Et pour les plus curieux se dévoilent quelques aspects de la vie la plus intime des Favorites, Régentes, et autres Grandes Dames de France et de Navarre. Et si nous osions un "Président, ouvrez la bouche s’il vous plait !" (Dr Robert Laurent)

 

33 réflexions sur la médecine : Pr Bernard Hoerni, éditions Glyphe, 225 pages, 21 €

C’est la reprise de différents articles ou allocutions de cet éminent cancérologue qui ont émaillé le long cours de son exercice. Ils reflètent l’évolution des conceptions, de l’attitude des médecins et des malades face à la maladie en général, du cancer en particulier, au cours de ces dernières années. Son rôle de président de l’Ordre et sa réflexion sur l’éthique font évidemment partie de cet ouvrage. On lira avec un intérêt particulier les pages 81 à 84 et de 133 à 143. Il est agréable aussi de lire en dernière page (la plus importante !) l’allocution prononcée au repas de gala du GEM en 2009. (Dr Abraham de Voogd)

 

La cerise et le dragon : conte pour enfants magnifiquement illustré par Makiko Takai. Petit livre très luxueux chez IPAGINE, édition dirigée par notre confrère du GEM, Patrice Corrieras et son épouse Maud.

 

Les grands compositeurs et les femmes : Dr Jacques Bouteille, chez L’auteur, 358 pages.

Voici un assez gros ouvrage qui a nécessité beaucoup de recherches au service d’une grande compétence. La carrière et les amours de pas moins de vingt-et-un grands musiciens y sont décrits d’une manière à la fois vivante et didactique. Il ne s’agit pas d’une compilation de biographies savantes mais bien d’un panorama assez complet où le lecteur moyen, celui qui aime la musique ou l’histoire, trouve un éclairage sur les circonstances, les conditions dans lesquelles ces compositeurs ont écrit leurs oeuvres pour exprimer leurs joies, leurs désespoirs, leurs passions. Et c’est fort intéressant sur le plan tout simplement humain. Le lecteur n’a aucune peine à se laisser emporter par un texte teinté d’humour et à lire ces récits comme de véritables petits romans. En un mot, un excellent travail de vulgarisation à garder dans sa bibliothèque.

 

Dentistes héroïques de la seconde guerre mondiale : Dr Xavier Riaud, 176 pages, Éditions L’Harmattan

Une série de courts compte-rendus de vies de combattants qui ont pour point commun d’avoir été dentistes. Si certains ont suivi le parcours habituel des résistants avec leur heure de gloire et les affres de la déportation, d’autres ont été de véritables combattants au sein d’armées : Français, Anglais, Américains, Canadiens, Néo-Zélandais, Russes ou Allemands. On y apprend beaucoup, les surprises sont nombreuses. Ce sont des vies qui sortent de l’ordinaire, avec des aventures nombreuses et chacune d’entre elles fournirait matière à un gros roman.

 

Être médecin de soi-même : Pr Bernard Hœrni, Éditions Glyphe, 288 pages

On pourrait trouver bien d’autres titres à cet ouvrage volumineux par son contenu : ’’Laisser le choix de sa vie au patient’’, ou ’’Faire le bien pour le malade’’. Il est évident que sa carrière de cancérologue a contraint notre confrère à des questionnements bien plus souvent que tout autre médecin. Est-il légitime d’imposer un traitement lourd à qui n’en voit pas le besoin ? Surtout lorsque la partie est peut-être perdue ? Ce livre développe essentiellement deux versants : un appel à tout humain de prendre en charge sa santé ’’à l’ancienne’’ par une hygiène de vie qui lui assurera une vie confortable et écartera bien des menaces, en lui laissant toutes les libertés. L’autre versant est la redéfinition du rôle du médecin qui ne doit plus être le père, le guide despotique de jadis et éveiller chez son patient un choix éclairé en lui fournissant avec prudence les données de sa situation, afin : ’’Non de faire le bien du malade, serait-ce contre sa volonté, mais de faire son bien en respectant ses intérêts’’. ’’Il ne s’agit pas d’ajouter des jours à la vie, mais de la vie à ses jours’’ : confort, mais aussi réalisation d’un désir profond. Livre impossible à résumer, tant il est riche, documenté, illustré de cas concrets et soutenu par quantité de références.

 

Commissaire François Duchet : Dr Guy Lesœurs - Lucette Lesœurs-Duchet, Éditions Glyphe, 152 pages

Dans cette biographie, notre confrère vient appuyer sa mère dans un travail de réhabilitation de la mémoire de son grand-père condamné à la Libération pour collaboration. Le récit débute par l’enfance avec la pauvreté extrême, le travail dès l’âge de sept ans, l’effrayante expérience de la guerre de 14-18 et sa conduite héroïque, puis la découverte de l’instruction, de l’école et la faculté jusqu’à son ascension sociale régulière. Devenu commissaire des Renseignements Généraux du Lot durant la dernière guerre, il a su gérer au mieux la tâche difficile qui lui incombait. François Duchet n’a jamais transigé, résolument attaché à faire respecter à la lettre la loi républicaine. Guy Lesœurs apporte un éclairage psychanalytique à ces tribulations.

 

Un amour d’arrière saison : Dr Louis Pouliguen, Éditions Coop Breiz, 254 pages

Notre talentueux ami, prix Littré, nous livre son dernier et magnifique roman après avoir engrangé un nouveau prix littéraire avec La maison de l’équinoxe. Chantre, peintre pourrait-on dire, de sa Bretagne qu’il aime passionnément, il décrit la découverte, par un jeune peintre en villégiature, du secret d’un vieux couple qui vit dans une maison close autour de son jardin avec une servante vietnamienne. De cette maison on a vue sur le port, un blockhaus de la dernière guerre et la mer où le ciel se livre à d’étonnants jeux de miroir. L’intrigue est menée avec adresse et mène également le lecteur dans la campagne éloignée où les citadins transforment les vieilles fermes en gites ruraux, effaçant un passé de labeur ingrat.

 

Repères historiques de la France : Dr Georges Brenot, Éditions Elzévir, 188 pages

Œuvre bien ambitieuse de vouloir résumer l’histoire de France pour lycéens et autres lecteurs désireux de rafaraîchir leur mémoire. Mais tel n’est pas le but de cet ouvrage même s’il s’agit d’un grand résumé car les faits sont nombreux, protéiformes. Il s’agit plutôt de montrer par quels cheminements nous sommes parvenus de la préhistoire à notre société actuelle afin de mieux comprendre ses particularités, ses rites, ses symboles, ses aspirations et ce qui fait notre identité. Une lecture peut-être un peu aride au début, mais fort enrichissante.

 

Mots dits : Dr Anne Marie Gaillard-Sirère, Éditions Bénévent, 76 pages

Un bien joli recueil de poèmes de toutes factures mais où la poésie libérée tient la plus grande place pour livrer un panorama de pensées, d’humeurs, d’ambiances plutôt romantiques, parfois nostalgiques sans que la tristesse ne l’emporte. De ces vers s’élève avant tout un grand chant d’amour de la vie, du plaisir de vivre.

 

Vivre mieux, vivre vieux, recettes : Dr Marc Galabru, Éditions Mille Plumes 104 pages

C’est un adorable petit livre qui ’’propose un petit voyage (humoristique) au pays du bon sens’’. Notre ami livre ici sa philosophie de vie et on aimerait bien que tous les habitants de ce monde en fassent la leur. Tout irait mieux, et bien des charlatans de la santé, comme les marchands de canon, s’en trouveraient ruinés. Le bon sens, tant décrié par les tristes ayatollahs de la philosophie, s’exprime ici avec une joie, une verve et un humour propres à ce confrère aux gènes de comédien. Malheur à celui qui n’aura pas ri au moins deux fois à la lecture de ce petit et si grand ouvrage.

 

Maternités avortées : Dr Annie Stammler, Éditions L’Harmattan, 160 pages

’’Trois fictions à partir de cas cliniques’’ c’est ainsi que notre amie, psychothérapeute intitule ces trois histoires romancées des séquelles psychologiques laissées après les interruptions de grossesse. Des pages toujours bien écrites avec une grande sensibilité. Hélas elles restent toujours d’actualité, les jeunes filles restant trop souvent indifférentes à la contraception face aux promesses de leurs Princes Charmants, promesses réelles ou qu’elles ont imaginées. On est bien loin ici des bluettes des romans photos et de la soi-disante téléréalité.

 

Les silences de Marianne : Dr Gérard Bonn, Éditions Glyphe, 262 pages

Marianne, son premier, le grand amour du héros, étudiant en ophtalmologie, ne répond à aucune de ses lettres. Il part à sa recherche sur de maigres indices. L’auteur, fort érudit, prend en fait prétexte de cette quête pour entraîner le lecteur dans des descriptions minutieuses de lieux et de personnages qui, eux, évoquent à chaque fois des portraits laissés par des peintres célèbres. Ces rencontres donnent l’occasion de discussions sur la religion, la Vérité, sur la Shoah. Ce livre est l’œuvre d’un ophtalmo qui n’a pas les yeux dans ses poches. Mais on est un peu étourdi par l’étendue de ses connaissances.

 

Un don, deux vies, j’ai changé de cœur : Mme Vanessa Fisson, Éditions Mille Plumes, 158 pages

Un cri de victoire, une leçon d’optimisme ! C’est encore un livre qui aurait mille fois justifié sa diffusion par un grand éditeur ; et cela aurait été le cas si un personnage connu et médiatique avait produit ce témoignage. Il faut offrir un monceau de fleurs fraîches à l’auteur, à l’image de la fraîcheur et la sincérité dont elle fait preuve avec pudeur sans rien cacher de ses troubles, de ses surprises au cours de son parcours hospitalier. Après une brutale défaillance cardiaque, c’est une greffe du cœur qui est imposée à cette jeune femme en pleine santé apparente. Le choc est rude : incompréhension d’abord, puis découverte du parcours du combattant au sein du monde de la santé et surtout de l’hôpital. Le bon sens et le sang froid dont elle fait preuve sont admirables et c’est pour cela que ce petit livre écrit avec des mots et des phrases simples doit absolument être diffusé auprès de ceux qui ont en charge ces lourds protocoles de greffes d’organes et d’immunosuppression complémentaire, ainsi qu’auprès de ceux et celles qui auront à passer par ces épreuves pour rester en vie. L’auteur n’est-elle pas devenue mère sans encombre après les avoir subies ?

 

L’allée de Madame : Dr Nicole Morelle, Éditions Paris Rive Droite, 254 pages

.Voici un nouveau roman de notre amie, écrivain chevronné. C’est avant tout une description mélancolique et romantique de la Sologne avec ces doux paysages et ses brumes, ces brumes qui ont envahi le cœur du héros principal dont on découvre les amours cachées au fil des pages à travers des lettres laissées post-mortem à sa nièce à qui il a légué son château, ses bois, ses serviteurs et ses sentiments. La musique, comme il se doit chez cette organiste, ainsi que la haute couture y sont également invitées. Un ensemble qui a le goût désuet d’un passé pas tellement ancien.

 

Vivre son handicap moteur : Pr Jean Claude Turpin, auto édité, 340 pages

Il s’agit d’un véritable vademecum pour tous les handicapés et pour tous les organismes qui en ont la charge. Il s’y trouve, outre les données médicales, une foule de renseignements pratiques comprenant aussi bien des adresses utiles que le détail des dispositions légales, des textes officiels. Ce livre devrait donc se trouver sur le bureau de tous ceux qui sont concernés par la vie des handicapés et c’est pourquoi il me paraît essentiel que chacun de son côté participe à sa diffusion dans la mesure de ses moyens. Un tel travail, si considérable, tout à fait exceptionnel, méritait mieux que le petit article paru dans le Bulletin de l’Ordre.

 

Promenades poétiques dans l’œuvre de Pierre Benoit : Mr Pierre Hamel, Couronné par l’Académie Française, Éditions Dormeur du Val, 280 pages

Dire que cet ouvrage livre tout le mystère de la création artistique de Pierre Benoit c’est n’avoir rien dit de la minutie avec laquelle l’auteur fort érudit dissèque l’œuvre poétique largement méconnue du célèbre romancier. Chacun y trouvera de quoi enrichir son vocabulaire en mots peu usités ou savants. Les vers sont sans cesse rapprochés des règles de la prosodie. Travail de spécialiste, certes, mais très accessible à l’amateur béotien grâce aux nombreuses citations de vers sublimes.

 

Médecin à l`hôpital Claude Bernard, tomes 1 et 2 : Pr François Vachon, Éditions Glyphe, 282 pages

Dans ces deux volumes il s’agit en fait de trois ouvrages différents, le premier décrit la carrière et l’évolution de la lutte contre les infections avec l’avènement de la mise sous respiration artificielle, la réanimation médicale et la curarisation des malades atteints du tétanos. La suite de ce premier tome est consacrée au vécu de l’auteur après la mort d’un fils.

Le deuxième tome est entièrement consacré à l’expérience de François Vachon comme médecin détaché de l’hôpital Claude Bernard en Iran, au Gabon, au Pérou, en Uruguay et qui montre bien comment la survenue de révolutions ou de dictatures ont entraîné à chaque fois un recul de la qualité des soins. Ces pages, très vivantes, illustrées de quelques anecdotes, forment un large panorama de la médecine au cours de ce dernier demi-siècle.

 

Sans stress la vie est impossible : Pr Jean Cl. Turpin et Nicole Baumann, Éditions Sauramps, 312 pages

Il s’agit d’une étude monumentale et exhaustive de tout ce qui a un rapport au stress. Ce livre comporte en gros trois parties distinctes : un rappel physiologique avec les données les plus récentes, les situations cliniques de stress et la gestion du stress par l’individu ce qui conduit à une sorte de catalogue des moyens de le gérer.

Cette deuxième partie fait songer à un livre de recettes de cuisine, toute révérence gardée, car les auteurs ont voulu offrir au public un instrument pratique, facile à consulter par tout un chacun, sans autre parti pris que de vouloir être utile.

On ne peut qu’admirer la clarté de cet ouvrage qui devrait être absolument étudié par ceux qui terminent leurs études médicales et qui auront à affronter ces situations. Cela leur éviterait d’avoir, comme leurs anciens, à découvrir sur le tas les bonnes conduites à tenir par l’expérience, parfois amère.

 

Je ne suis pas morte : par Sébastien di Sabato (Dr Giovanni del Franco (Survivre à la violence conjugale) Éditions Le Chant des Hommes, 107 pages

C’est sous une forme romancée que l’auteur relate le calvaire d’une jeune tunisienne mariée à peine adolescente à un mari despotique et violent. Un parisien qui l’a prise en pitié et devenu amoureux d’elle, s’adresse à la première personne au fils de cette femme, le seul qui ne soit pas né handicapé, pour lui révéler tout ce que sa mère a subi. Par le récit de ce personnage on passe ainsi en revue la triste histoire, si commune à tant de femmes.

Le lecteur ne peut que partager l’amertume du narrateur qui constate la constante inefficacité de la police, comme la démission des services sociaux, celles des associations de femmes, et du voisinage. C’est pour dénoncer cet état de choses que ce livre dur est écrit. Notre confrère pousse ici un cri de révolte tout à fait justifié. On doit cependant regretter que la victime soit musulmane et que le poids des mœurs arabes autant que la religion, vienne s’ajouter à un état de fait qui concerne tout autant les femmes d’autres origines.

 

Balaam et la bénédiction : Dr Marie Vidal, Éditions du Cosmogone, 330 pages

« Bécédaire chanté pour l’Église catholique » tel est le sous-titre de cet ouvrage très particulier, réalisé sous forme de poèmes sertis d’extraits de textes de la Thora ou de la Bible. Le but de l’auteur, théologienne revenant sur l’anathème jeté par la chrétienté sur les Juifs, est de rappeler que le christianisme est issu d’Israël et lui est indissociablement lié.

« Les fils d`Israël / ont des leçons de Thora / à donner et à enseigner / aux catholiques d’aujourd’hui »

Il s’agit d’une vision chrétienne et aussi très féminine de la question. L’exemple de la Shoah y est puissamment évoqué.

 

Nus d’Avène : photographies de J. E. Costedoat-Lamarque, textes écrits par Marc Galabru, Éditions Grand Sud, 330 pages

Magnifique collection de nus féminins centrés sur le corps du corps. Les modèles sont superbes et les poses très sages, réservées. Il faut admirer le rendu des formes, des ombres, du grain des peaux. Il faut beaucoup de science pour obtenir un tel rendu des galbes, des courbes si pures en jouant avec les éclairages et avec l’eau utilisée ici en éclaboussures afin d’obtenir des sortes de drapés. Aussi n’a-t-il pas été difficile à notre ami Galabru de trouver en lui ou ailleurs les mots pour le dire.

 

Seul à connaître : Dr Patrick Bauwen, Éditions Albin Michel, 408 pages

C’est un bon roman tout à fait dans l’air du temps, dans la veine des séries de télé américaines avec chirurgien, infirmière, agents secrets, greffes d’ovaires, le tout lié par Facebook. Il a obtenu le Prix Littré 2010.

 

Ne m’oublie pas, Alzheimer mon amour : Dr Dominique Herbert, Éditions Mille plumes, 208 pages

Le personnage central, comme l’auteur, est médecin directeur d’une maison de retraite comportant une unité Alzheimer. Il cache sur le lieu de travail son attirance pour une jeune aide-soignante mais la retrouve sur Facebook où l’anonymat dure peu. Ses propos sont tendres, délicats. Ceux en caractères gras de la jeune femme demeurent brefs et retenus. Les dialogues sont entrecoupés de récits de ses voyages, destinés à séduire son interlocutrice et aussi, écrits en italique, d’émouvants « courants de conscience » de quelques uns de ses pensionnaires, comme si l’auteur était dans leurs têtes.

Dans l’histoire d’amour platonique qui forme la trame du livre « il » n’était pas seul à aimer mais l’ignorait...

M’a touchée ce roman à l’écriture allante et soignée, à la facture originale, dont il faut capter les codes pour l’apprécier. (Maria Labeille)

 

Au bonheur des femmes : Dr Anne de Kervasdoué, Éditions Odile Jacob, 300 pages

Ou La Vérité sur les hormones, sous-titre de cet ouvrage grand public écrit d’une plume vivante et réaliste par une gynécologue qui s’est toujours élevée contre la folie médiatique qui s’est emparée des foules à propos du traitement hormonal de la ménopause, y compris, hélas de la majorité de ses collègues. Non, le traitement de la ménopause n’est pas univoque. Ce livre brosse le large panorama des conduites raisonnables à tenir face à la vie, les désirs, au vécu, de chaque femme prise individuellement et cela de manière à la fois clinique et humaniste. Le Traitement Hormonal Substitutif y retrouve la large place, qu’il n’aurait jamais dû perdre. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’une simple opinion, discours ou polémique, mais bien d’une démonstration étayée d’arguments incontestables. Ce livre-là devrait être obligatoirement lu par tout médecin en général et surtout par les gynécologues dont l’ignorance de nombre d’entre eux en la matière, qui est pourtant la leur, demeure stupéfiante.

 

Petit guide de typographie : Dr Eric MARTINI, Éditions GLYPHE, 76 pages

Notre confrère éditeur, si consciencieux, nous livre ici un tout petit livre, mais ô combien dense ! Où se trouve tout ce que l’écrivain doit savoir avant de présenter son manuscrit à l’éditeur, y compris la manière de noter par un code les corrections à apporter sur les épreuves. Très clair, avec de nombreux exemples concrets, c’est un outil indispensable qui vient compléter l’ancien Un point c’est tout de Jean Pierre Colignon.

 

Le paquet, cubisme et autres nouvelles : Dr Pierre LEBAHAR, Éditions Labruyère, 54 pages

C’est un recueil de neuf petites nouvelles marquées par un sentiment d’échec, en amour comme dans la vie. On distingue surtout "Cubisme", nouvelle à la fois fantastique et philosophique où l’auteur imagine que chaque mauvaise action provoque la création d’un cube plus ou moins volumineux. Ces cubes engendrés par un pet ou par un mensonge deviennent indispensables à la construction des villes. Puis apparaissent les ronds et pour finir le triangle... La dernière nouvelle est une longue plainte concernant le métier de médecin généraliste.

 

Morceaux de vie : Dr Michèle Chapuis-Maurette, Éditions Librairie-Galerie Racine, 128 pages

Un petit livre très poétique où les métaphores sont innombrables, traduisant la nostalgie d’un certain mode de vie, d’une certaine façon d’être et de tenir ses engagements face aux siens, à la nature et l’héritage des aïeux. Beaucoup de lumière, de douceur, d’amour et quelques regrets, dans ces paragraphes dédiés à la terre provençale, à son père Sylvain Maurette, poète campagnard reconnu. Voici, à propos du lavoir communal : "Et ces pierres érodées vibraient au contact des histoires d’amour imprimées dans les draps...".

 

Une classe explosive : Dilan Ravec (Dr Daniel VRAC), Éditions Publibook, 210 pages

La vie dans un collège privé en Bretagne vers la fin de la dernière guerre. C’est une peinture sans concession mais bienveillante des conditions dans lesquelles les élèves internes passaient durement, par les privations et la férule des religieux, de l’enfance à l’adolescence. Une expérience du professeur de chimie tourne à la catastrophe : qui a provoqué l’explosion dont les effets ont été sans gravité ? Il s’agit sous forme d’un semblant de roman policier de décrire une époque bel et bien révolue dont l’auteur a gardé une nostalgie certaine. Ce livre bien écrit et de lecture facile devrait intéresser les seniors.

 

La statue et le prisonnier : Dilan Ravec (Dr Daniel VRAC), Éditions Publibook, 204 pages

Notre ami, prix Littré de la nouvelle, très productif, signe ici avec son talent reconnu un nouveau polar où se retrouvent le héros de "Qu’en pense la Police" et du livre précédent : le commissaire Andrieu. Sous la forme d’un roman, c’est une nouvelle manière de chanter sa Bretagne natale, son terroir, ses traditions, ses mystères, et surtout son histoire, en particulier celle de l’époque révolutionnaire. Une façon distrayante de s’instruire sur ce petit territoire de France, reflet caractéristique de l’âme de la péninsule.

 

L’accompagnement d’une mère : Dr Xavier FEINTRENIE, Jouvence éditions, 156 pages

Un assez petit livre au grand contenu, divisé en trois parties : l’histoire de la mère et de sa famille, le vécu de la présence du fils auprès d ’elle durant le coma, réflexion sur l’accompagnement des mourants. L’auteur, pneumologue et souvent cancérologue, catholique profondément croyant, livre ici des réflexions qui sont à la fois très personnelles et d’autres qui sont d’ordre plus générales. Le tout est écrit dans une très belle langue, parfois un peu recherchée, laissant néanmoins libre cours à l’émotion qu’on ne peut que partager.

 

S’appuyer sur le vent - Poésies marines : Dr Jean François LOPEZ, L’Harmattan, 76 pages

Un joli petit recueil de poèmes d’un amoureux de la mer, des vagues et des cieux infinis, agrémenté de quelques illustrations. Il s’agit de poésie libérée, ce qui ne pouvait qu’être le cas pour chanter la joie, l’espoir, l’amour. Notre confrère, lauréat de divers concours littéraires, se fait remarquer ici une fois de plus par son grand talent. Il réjouit et réchauffe nos cœurs. Il nous fait regretter que la poésie soit toujours le parent pauvre de l’édition.

 

Stéthoscopie : Dr Jean-Claude MOUCHÈS, Éditions PyréMonde, 175 pages

C’est la "Chronique d’un étudiant en médecine landais dans le Bordelais" précisément dans les suites de son Baccalauréat obtenu en juin 1944. On y retrouve tout un passé d’études rendues difficiles par un manque cruel de moyens, de nourriture, de logement, dont la génération actuelle ne peut avoir aucune idée. Sous la plume experte d ’un écrivain médecin confirmé, le lecteur peut suivre la description minutieuse, d’année en année, de ce parcours de combattant avec ses hauts et ses bas à travers d’innombrables anecdotes et descriptions du monde civil, mais surtout médical et hospitalier de l’époque avec ses Patrons emblématiques. Nostalgie pour les anciens et révélations pour les plus jeunes.

 

Burn out : Dr Patricia MARTEL, Éditions Atlantica, 184 pages

Voici un livre d’échecs. L’auteur, également journaliste, décrit son parcours d’étudiante, d’interne, de médecin remplaçant. Elle est de ceux qui voient la bouteille à moitié vide plutôt qu’à moitié pleine, d’où un fort relent de pessimisme dans ces pages où la réalité est décrite par son côté sombre. Ce n’est pas que l’humour soit absent dans les épisodes évoqués, mais il s’y trouve sous-jacent et presque malgré la volonté de l’auteur. Le médecin retrouvera dans ce livre destiné au grand public, où le style manque de souffle et d’originalité, les descriptions détaillées des signes cliniques, les situations banales dans l’exercice de ses fonctions, les petites joies et les peines inhérentes au métier. Toutes choses auxquelles il fait face depuis toujours, et, simplement. En fait cet ouvrage dessine cruellement l’abîme qui sépare l’ancien et enrichissant art humaniste de soigner, de la folle course contre la montre des techniciens de la médecine d’aujourd’hui.

 

AVC (accident vasculaire cérébral) : Dr Jean-François GRÉGOIRE, ASA éditions, 209 pages

C’est une explosion. La comparaison avec un volcan est la seule possible : une énergie fantastique accumulée durant des semaines comme dans une enceinte bétonnée par l’Aphasie, après un AVC, et qui se libère en un torrent tumultueux. Le style en est le reflet très particulier. On est bien loin ici des jardins sagement agencés de la littérature française, du langage convenu, voire des jérémiades. Non, c’est un torrent furieux qui dévale hors des limites de la bienpensance pour extérioriser les colères, les frustrations, les douleurs qu’entraîne l’impossibilité de s’exprimer par la parole pour les petites comme pour les grandes choses. Des mots par vagues, qui jaillissent brutalement, sautant les passages où on les attendrait et qui arrachent des lambeaux d’émotion. On peut être aphasique et néanmoins un homme qui veut garder sa dignité, alors même que, hémiplégique et muet, il dépend de tous. Et puis, pire encore, lorsque cela vous arrive, à vous médecin urgentiste qui avez eu à gérer quantité de comas, d’AVC de blessures, et que vous savez quels gestes doivent être accomplis, quel peut être le pronostic... Voilà le livre le plus émouvant qu’on ait pu lire depuis des années.

 

Le cancer et la fourmi : Dr Max DANA, Éditions Les Presses Franciliennes, 160 pages

Des pages très denses, où on apprend beaucoup. L’auteur, radiothérapeute, retrace ici sa longue carrière qui l’a mené très rapidement à traiter les cancers dans sa spécialité. Ce qui en fait l’originalité et aussi l’intérêt, c’est d’avoir donné des exemples concrets de l’absurdité souvent kafkaïenne des administrations. Par exemple, attendre dix ans pour obtenir l’agrément administratif pour l’ouverture d’une unité de radiothérapie, agrément qui sera retiré deux ans plus tard ! On découvre également dans ces pages les méfaits des médias qui décident de la renommée de tel ou tel scientifique qui n’est pas forcément compétent dans la matière. Du jeu trouble des Écologistes qui surfent sur les peurs primitives et irrationnelles en s’aidant de pseudo scientifiques. Certes, la polémique n’est pas loin, mais n’est-il pas normal qu’après des années de lutte et, il faut le préciser, d’une action extrêmement utile pour les malades et la cancérologie en particulier, on garde quelques rancœurs ?

 

Il sera une fois : Dr Huguette LEROLLE, Éditions La Maison de Papier, 63 pages

Notre consœur est avant tout une poétesse aux nombreux lauriers et cela donne une connotation particulière à ce petit recueil de nouvelles de science fiction ou, dans une certaine mesure, d’anticipation. L’un des thèmes dominants est de constater que les êtres rencontrés sur d’autres mondes ne sont pas tels qu’on les imaginerait et que notre civilisation actuelle n’est plus qu’une ténébreuse préhistoire. De l’humour, mais aussi une mise en garde sur les méfaits de nos sociétés caricaturées en sous-main. Lecture très agréable.

 

La mort subite du jeune et de l’athlète : Dr Guy Hugues FONTAINE, SFEM Éditions

Une somme de 388 grandes pages aux petits caractères comportant 138 illustrations en couleur ou schémas. L’auteur relate son expérience dans le traitement des troubles du rythme cardiaque qui mènent à la mort subite, domaine auquel il a consacré l’essentiel de son existence Au-delà du propos purement scientifique, c’est tout le cheminement de ses recherches avec ses aléas, ses échecs, ses déceptions comme ses victoires qui se trouvent décrits ici par le menu. Tout un vécu d’homme qui n’a vécu que pour sa passion. Il ne s’agit donc pas d’une thèse ni d’un essai, mais plutôt de la biographie d’un chercheur qui a rencontré scepticisme ou enthousiasme au cours des très nombreux congrès internationaux auxquels il a participé, où il s’est distingué et a apporté ses lumières. C’est aussi la raison pour laquelle dans un passage assez bref, il nous fait part de son œuvre artistique, tableaux et dessins empreints de symbolisme, qui constitue désormais son activité en dehors de ses cours aux urgentistes.

 

Contes à rire jaune : Dr Vladimir GUIHENEUF, Éditions Baudelaire, 223 pages

Trente contes ou nouvelles, le plus souvent d’anticipation à la mode d’Aldous Huxley, pour décrire les grands et petits travers ou drames contemporains. Bâtis à partir d’expériences personnelles les situations sont très variées et débouchent sur des conclusions en forme de mise en garde. La main du médecin n’y est pas trop perceptible et l’auteur fait preuve ici d’une grande imagination ce qui rend la lecture de ces paraboles particulièrement intéressante.

 

La fin d’un monde ou l’agonie des larves : Dr Olivier LOCHARD, Éditions La Maison de l’Écrivain, 58 pages

Il s’agit plutôt d’un violent pamphlet qui critique ’’tous azimuts ’’notre monde afin de le mettre en garde contre ses dérives, et sa mainmise sur la Terre et la Nature. Il ne s’agit pas d’Écologie, mais de philosophie d’inspiration libertaire, pessimiste et amère. ’’Si l’humanité devait rester dans le même état d’esprit dans le siècle à venir, il serait souhaitable qu’elle disparaisse, car au vu des méfaits grandissants et des dégâts de tous ordres se multipliant de manière accélérée, on peut craindre le pire rien que pour les quelques décennies à venir’’. Un livre aux multiples facettes, obligeant à la réflexion.

 

J’accuse Flacus : Dr Simone BRUNET-AUGUST, Éditions "Mon petit Éditeur", 230 pages

Roman historique qui reprend la situation des Juifs d’Alexandrie entre les années 30 et 70 de notre ère à partir de données historiques précises. Il s’agit donc d’une vaste fresque où sont détaillés avec minutie tous les aspects de la vie dans cette cité, après Rome la deuxième du monde d’alors. Par les aventures de deux héros principaux, un oncle, haut fonctionnaire responsable du port, et son neveu, on suit le déroulement des intrigues et des soubresauts politiques de cette région, ainsi qu’à Rome et à Jérusalem. Les violentes luttes pour le pouvoir, les conspirations et l’avènement du christianisme vont entraîner deux pogroms successifs qui détruiront définitivement l’opulente diaspora juive pour le plus grand dommage de la prospérité de la ville et aussi de la civilisation de l’époque. Une page d’histoire peu connue.

 

Sous influence : Mr Sorin Alex STANIA, Éditions "IPagine", 244 pages

L’auteur, de famille médicale, imagine que l’âme d’un mourant se reloge dans le cerveau d’un enfant à naître. L’idée fondamentale de ce roman d’anticipation (situé en 2013) est astucieuse et permet de faire un large tour d’horizon du comportement de nos contemporains, comme de l’influence des médias. Certes, l’écrivain exploite son idée jusqu’aux limites mais avec un immense talent. En effet il faut remarquer le style et la virtuosité dont il fait preuve, notamment dans les nombreux dialogues. Mais c’est son sens de l’humour qui domine et, plus d’une fois, il est bien difficile de ne pas éclater de rire. Enfin de la fraîcheur !

 

Les trois vies d’Abraham B. : Dr Paul BENAÏM, Éditions David Reinharc, 314 pages

C’est une grande autobiographie de l’enfant d’Oran, étudiant à Montpellier, à Paris, et finalement Chef de clinique. Médecin généraliste, il se tourne de plus en plus vers la cardiologie. C’est ainsi que sa deuxième vie est consacrée à la rédaction d’une prestigieuse revue de cardiologie. La troisième étant celle de l’écriture. L’ensemble de l’œuvre est profondément empreint d’humanisme médical mais ce livre est aussi le reflet d’une culture juive revendiquée et d’un militantisme israélien. Très instructif et souvent divertissant.

 

L’Espagne des trois cultures, chrétienne, juive et musulmane : Dr Jean Marie BEUZELIN, Éditions Atlantica, 190 pages

Celui qui aimerait visiter l’Espagne devrait posséder et consulter avant le départ cet ouvrage tout à fait intéressant. Il ne s’agit pas d’un guide touristique dont il n’a pas le caractère exhaustif, mais un large tableau des lieux et monuments qui ont en commun d’avoir vécu les trois religions. Outre les grands sites bien connus : Cordoue, Grenade, Tolède, dont il est fait une modeste évocation, sont répertoriés des sites moins courus : villages, lieux fortifiés, qui ont cette histoire en commun. C’est de raconter dans ces pages les événements qui s’y sont déroulés, de faire le lien entre ceux-ci et l’endroit en mettant en évidence les vestiges de ce passé tumultueux qui rend ce livre si vivant, d’autant plus que l’auteur, humaniste, a l’art de délivrer avec clarté et une grande économie de moyens une quantité d’informations.

 

Les vaches maigres : Dr Abraham de VOOGD, Éditions Glyphe, 282 pages

L’auteur livre ici à la fois une saga familiale, avec une large part d’autobiographie, un témoignage sur une époque révolue, presqu’une civilisation disparue, allant du Front Populaire à la Libération vécue en Normandie. C’est encore une stèle érigée à des parents exceptionnels. Toutefois, en ces temps-ci où on parle d’identité nationale, d’intégration, le vrai sujet de ce livre est la difficulté de la transplantation d’une patrie à l’autre : les liens à abandonner, les liens à créer, les embûches de toute sorte, et les dangers encourus, surtout au cours de ces années très troublées de la dernière guerre.

 

Le monogame... intermittent : Dr Marc GALABRU, Éditions Les Mille Plumes,132 pages

Notre ami nous livre ici une sorte de panorama de la vie amoureuse (et sexuelle) d’un homme depuis son enfance d’avant guerre jusqu’à son quatrième âge, une chaîne richement décorée de perles brillantes ou ternes, autant d’amours, de conquêtes ou de redditions. Le style imagé, coloré, propre à Marc Galabru permet de lire cette succession d’aventures, réelles ou fantasmées, avec plaisir. Ce petit roman, ou divertissement, est aussi une forme d’essai : "Face à la routine et l’usure de la vie de couple, peut-on encore demeurer un fidèle monogame alors qu’en ce 21ème siècle l’espoir de vie dépasse les quatre-vingts ans ?"

 

Aria triste : Dr Pierrre MARTIN, Éditions Glyphe, 162 pages

Le même confrère nous avait déjà livré un impressionnant roman, "La Beauté de Gephra", et nous retrouvons son style impeccable et si original dans ce petit roman où tout se situe dans le quartier latin. Il n’est question ici que de rapports humains, de sentiments amicaux forts et signifiants, de vérités cachées ou camouflées. Il ne semble pas y avoir d’action et pourtant on ne peut s’empêcher de suivre leur évocation en suivant les trois principaux protagonistes dans les bars, ou au gré des rues, de jour ou de nuit, sous la pluie ou dans le vent.

C’est de la vraie littérature, merveilleuse, un travail fouillé, allant en profondeur pour montrer l’autre face du miroir.

 

Pandémic : Dr Philippe LE DOUAREC, Éditions Glyphe, 290 pages

Un bien curieux roman d’anticipation très agréable à lire. L’épidémie de grippe H5N1, tant redoutée par les spécialistes se déclare en septembre 2011. Le narrateur, chirurgien devenu virologue par amour, et son épouse spécialiste des virus de la grippe, un couple en voie de refroidissement, embarquent en Californie dans le Boeing qui doit les ramener en Europe. L’épidémie vient d’apparaître et prend possession de l’avion qui, interdit d’atterrissage, se posera en Islande, pays bien connu de l’auteur. Là se déroulera l’action sous une quarantaine féroce.

La panique qui gagne tous les pays et l’hécatombe qui les frappe sont bien décrits, mais il semble surtout que l’auteur ait voulu émettre un message d’avertissement à tous ceux qui l’an dernier ont décidé que la prochaine épidémie de grippe ne serait pas dangereuse. Un roman fort bien écrit, à vocation didactique, à méditer.

 

La tentation de la folie : Dr Gaëtan LECOQ, Éditions Glyphe, 192 pages

C’est un recueil d’excellentes nouvelles qui se relisent avec plaisir, même après en avoir lu certaines à l’occasion des prix du GEM, Cesare Pavese ou Zorini. Il ne fait pas de doute que le reflet de l’humanisme médical omniprésent dans chaque récit et un style pur, dépouillé, vif, ont été les arguments déterminants dans l’attribution de ces prix. Il faut remarquer l’extrême originalité des thèmes dans ce recueil auquel certains pourraient reprocher la manque d’unité comme l’exigent souvent les éditeurs. Mais ici, la mélancolie, la compassion ne font-elles pas un lien suffisant ?

 

Le serment de Jules : Dr Marc MAGRO, Éditions Glyphe, 260 pages

C’est incontestablement un grand roman par ses multiples entrées, ses faux centres d’intérêt pour mieux détourner l’attention du lecteur de ce qui en fait le fond : les incertitudes en matière d’amour, conjugal, filial, de l’amour des autres en général. Peu importent la recherche de celui qui a mis un doigt de cadavre dans la compote de la cantine scolaire, les ambiances dans un service des urgences, l’expérience de l’aide aux SDF, les tentations et les échecs amers, les mots durs et les mots doux, quelques promenades sur Internet dans Second Life, toute une vie intime est là, avec sa complexité, ses contradictions, son humour. Du beau travail, un excellent livre à emporter en vacances.

 

Le sabre et le ruban : Dr René GASIGLIA, Éditions Les Presses du Midi, 238 pages

Notre confrère nouveau venu au GEM, chirurgien et ancien légionnaire, a déjà une longue production d’ouvrages à son actif. Ce dernier est un roman historique où se perçoit l’intérêt de l’ancien militaire pour les faits d’armes et les stratégies. Dans ce tableau passionnant le lecteur peut revivre en détail les événements, de la Révolution jusqu’au bannissement de Napoléon à l’ile d’Elbe et suivre en particulier toutes les batailles napoléoniennes à travers l’épopée d’un orphelin devenu général de la Grande Armée. Un roman très vivant, de lecture agréable, et… instructif.

 

Entre médecine et religion : Pr Jacques BATTIN, Éditions Glyphe, 310 pages

Après son excellent « Médecins et Malades célèbres », notre confrère nous livre encore un grand livre. C’est une somme, presqu’un traité, où, partant des grands anciens et la médecine magique, l’auteur nous fait parcourir les siècles menant à la médecine technique d’aujourd’hui. Un livre empreint d’un profond humanisme.

Saint Antoine et le mal des ardents dont il fut le saint guérisseur, en forment la colonne vertébrale. L’intoxication par l’ergot de seigle est bien connue depuis l’épidémie de Pont Saint Esprit, après-guerre, mais les troubles psychiques induits par l’acide lysergique qu’il contient ont toujours rapproché cet empoisonnement d’une maladie de l’âme, donc de l’œuvre du Diable. Ce qui permet à l’auteur de faire le lien entre les superstitions, les croyances religieuses et la science, l’hygiène. Le lecteur, même averti, va de surprise en surprise et ne peut qu’admirer la richesse des illustrations dénichées jusque dans les endroits les plus obscurs, les plus modestes, illustrations qui éclairent magnifiquement un texte riche et passionnant.

 

Être médecin à Villiers le Bel : Pr Patrice QUENEAU, Éditions L’Harmattan, 124 pages

Ce livre mal construit, déroutant, est avant tout un hommage mille fois mérité à Lionel Bécour, décédé à la tâche, médecin de banlieue durant près de cinquante ans. Il ne s’agit pas ici d’aventures vécues dans le danger, ni du témoignage personnel de ce généraliste mais de la reprise de documents dont il espérait faire un livre afin de défendre une certaine médecine, plus proche du patient, plus humaniste, mais aussi plus clinique. Ainsi se trouvent réunis trois sujets différents, bien que liés : l’expérience humaine du clinicien au grand cœur et secourable (mais non dupe), la question de l’enseignement de la médecine aux étudiants pour en faire autre chose que des trieurs de résultats d’analyses, et une série d’hommages à l’homme, père, ami ou collaborateur. Le lecteur ne se découragera pas par ce flot de louanges, si loin de la modestie de cet excellent confrère avec qui semble s’achever une période où notre art obligeait au sacerdoce. On voudrait que ce livre poignant se répande parmi les étudiants, certains patrons des hôpitaux et, surtout, responsables de la Santé.